Jun
08
2009
0

HOME, un monde parallèle [Post sponsorisé]

J’ai récemment reçu un mail du groupe de pression anti-consumériste PPR (Pour une Production Raisonnée). Apparemment assez influents, ils font du lobby sur plusieurs grandes marques telles que Conforama, Gucci Group, la Fnac, ou La Redoute. J’ai trouvé leur dernier projet très intéressant et j’ai donc choisi de vous en parler.

Ce groupe a décidé je cite “de mener une opération de prise de conscience de grande envergure en s’associant à trois monteurs vidéo connus dans le monde de l’écologie. Le concept est de créer une animation d’images de résultats de recherche Google maps autour de la requête “HOME, un monde parallèle”.
Ce projet ambitieux n’étant pas finalisé, PPR ne laisse circuler que cette capture d’écran, qui donne déjà un bon aperçu du rendu:

home-un-monde-parallele-z

Après cette phase dite  ”de teasing”, l’idée est de proposer au monde entier grâce au “buzz internet” un visionnage gratuit et intégral de ce film d’animation, qui comprendra par ailleurs des slides de sensibilisation fédérateurs sur les différents thèmes de l’écologie.

L’engouement autour de ce travail conceptuel sera une base permettant ensuite de proposer différents produits dérivés dont les bénéfices seront intégralement reversés à une association spécialement crée pour l’occasion: www.homeunmondeparallele.org

En exclusivité, ci-dessous une maquette d’un foulard “Google maps” reprenant un visuel du film que les bénévoles de PPR ont proposé à Alexander McQueen pour le convaincre de participer au projet.alexander-mcqueen-google-maps-scarf

Les activistes de Pour une Production Raisonnée ne s’arrêtent pas la: ils tablent déjà sur le futur effet de levier généré par l’impact du film pour asseoir leurs négociations avec la Redoute, qui laisserait entrevoir un possible accord visant à l’arrêt de la production de son catalogue papier. Selon eux, la Fnac de son coté se déclarerait prête à jouer le jeu en ralentissant l’importation de produits de haute technologie. Plusieurs enseignes de Gucci Group seraient par ailleurs résolues à utiliser exclusivement l’énergie solaire dans leurs ateliers avant 2012.

Voila, je ne sais pas si ce projet aboutira, mais ce serait une belle avancée pour l’humanité, donc je le relaie, car comme je l’entends souvent: “c’est mieux que de ne rien faire”.

N’hésitez donc pas à envoyer vos messages de soutien et à vous inscrire pour le reveal du film sur leur site www.homeunmondeparallele.org

Jun
04
2009
2

Sous le charme de Bat For Lashes

bat-for-lashesElle chante bien, la vulgarité semble ne l’avoir jamais effleurée, et en plus elle est cute. Difficile de ne pas tomber sous le charme de Bat for Lashes.

Natasha Khan a 29 ans et diffuse depuis 2006 un son et un univers intriguant, le tout relevé par ce petit coté “look but do not touch” assez ravageur.

Sur scène ça ne s’arrange pas: elle joue plusieurs instruments, fait très bien vivre ses deux albums avec une petite scénographie bien pensée constituée d’objets à la touche mystérieuse.. et cette voix au caractère prononcé qui assoit avec élégance le bon goût qui parait la caractériser.
Ce soir la au Bataclan même le public était beau, cette sensation que tout ce qu’elle touche devient caramel. (Pour un report moins bisounours check ici)

Pour couronner le tout, elle a trouvé le moyen de se faire superbement clipper en 2007 par Dougal Wilson, dont le rendu des bmx dans la forêt est incroyable, puis cette année par Johan Renck, à qui l’on doit notamment l’excellent “Pass this On” de The Knife.

Rien à rajouter, écoute, observe, apprécie. Je n’arrive pas à lui trouver de défauts.

May
06
2009
3

La scène Dubstep arrive à maturité

A part Skream, je n’y connaissais pas grand chose il y a un mois. Je sors tout juste d’une immersion totale. J’ai enchainé maxis, albums, DJ sets de tout un panel d’artistes, et je me suis pris une claque.

J’ai été conquis par ces nappes tonitruantes, la basse omniprésente, les bleeps, les ronflements frénétiques, la ryhtmique cassée et le caractère puissant, sombre et minimaliste de ce style musical aussi novateur qu’intègre. Sound of Violence.

L’évolution de la scène dubstep depuis son apparition en 2000 est intéressante: Alors qu’elle se cantonnait il n’y a pas si longtemps à son fief londonien, elle a récemment pris un vrai essor à l’international, avec notamment une présence au Sonar en 2007. La clique minimale allemande s’y frotte aussi (Villalobos, Ellen Allien en jouent/produisent), et aux Etats Unis c’est Lil Jon, épaulé par Diplo, qui va bientôt sortir une track inspirée dubstep alors que Snoop Dogg a déjà la sienne (qui est à mon avis un sacrilège tant son flow n’accroche pas avec le tempo ni l’esprit du genre).

Je pense que ces nouveaux ambassadeurs ont et vont donc beaucoup aider à populariser ce courant à forte identité qui mérite bien cette attention.

Si tu n’es pas familier avec le dubstep, tu peux te faire une idée avec ce killer Essential Mix que Rusko a récemment pondu pour Radio 1.

Si ca te plait, tu peux commencer à dévaliser en masse.. Une base solide des valeurs sures du genre: Benga, Coki, Skream, Distance, Hatcha, Kromestar, Mala, The Others, Loefah, Rusko, N-Type, Caspa..

Et en France?

Alors que sur leurs Myspace le booking UK des artistes dubstep est plus que fourni, Paris ne revient pas assez souvent à mon sens. Le tapage médiatique autour de Burial (que je trouve assez fade, et qui ne représente qu’une facette particulière du dubstep) a du calmer un peu les foules. [Edit:  je n'avais pas écouté son deuxième album qui s'avère être une bonne surprise.]

PS: On est super gatés cette semaine, Skream sera jeudi au Social Club, et Benga met le couvert samedi à la Maroquinerie. Les deux sont de grosses pointures que je te recommande. J’ai pris mes tickets.

Apr
29
2009
3

The Wackness: NYC, Giuliani, and Notorious B.I.G.

The Wackness est un film que tu n’es pas allé voir quand il est sorti au cinéma en septembre 2008.

Une affiche pas attrayante, des critiques pro pas très enthousiastes, et même en cherchant bien je n’arrive pas à trouver d’images sexy, donc voici le trailer pour illustrer ce post:


Cette sélection Sundance vaut pourtant le coup d’oeil, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord l’exploitation parfaite d’un contexte fort: New York en 1994. L’atmosphère de la ville et de l’époque sont vraiment bien restitués. Parenthèse obligatoire sur la BO bien sûr: très réussie, reprenant fidèlement ce qui tournait cette année la, on se retrouve baigné dans une grosse sélection East Coast qui donne le ton et une vraie identité au film.

L’écriture ensuite. Elle est très personelle, on sent le vécu dans cet été chaud où évolue Luke, jeune diplomé qui deale de la weed, galère avec les filles tout en prenant conscience de sa vie déjà ratée. La narration de cette tranche de vie d’un ado un peu paumé est touchante, authentique, et on s’y retrouve forcément un peu: Les mixtape K7 dans le walkman, les joints, les premiers amours, les parents sur le dos: nostalgie.

Enfin, la crise existentielle liant les personnages et le message qui en découle sont amenés avec subtilité: statut social, sens de la vie sont abordés intelligemment, ce qui donne du corps à ce qui aurait pu être un teenager movie.

Efficace, frais et sans prétention, The Wackness vit donc grâce à la sensibilité et à la personnalité de son jeune réalisateur Jonathan Levine, qui s’avère aussi être l’auteur de ce scénario très humain. 

A voir.

PS: Pour la version DVD qui sort en mai, The Wackness a été rebaptisé “La Loose“. Il faut leur jeter des pierres aux mecs du marketing ou ca se passe comment?

Apr
16
2009
4

Temps de cerveau humain disponible, version 2.0

Essayant de s’accrocher au digital pour freiner sa chute, la chaine aux couleurs de la France a refait la homepage de son site.

Je me devais donc d’aller visiter ça. J’ai bien fait.

Tout y est. Le logo Bleu Blanc Rouge de mon média privé favori, le teasing insoutenable sur la grille des programmes assuré par Mimi Mathy en bannière, le tout assorti à la discrète apparition du mécénat surprise de..Eh oui.

J’immortalise donc cette exquise photo de famille sous la forme de ce screenshot.

temps-de-cerveau-humain-disponible

Placardée en full background de la page d’accueil, la campagne Coke baptisée “Happiness Factory”  (ca ne s’invente pas) prend ici une nouvelle dimension, dégoulinante de cynisme.

Cette combinaison éphémère élève presque l’url www.tf1.fr au rang du neen art, et permet du moins d’illustrer l’application au web de la légendaire quote de Patrick Le Lay.

Quoi qu’il en soit, leur compte à rebours a commencé, cette petite esbroufe digitale n’a donc pas vraiment d’importance, juste une petite bouffée d’air, histoire de faire durer le plaisir.

PS: Le visionnage de THX 1138 hier soir n’a pas du arranger l’orientation de ce post.

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Mar
30
2009
14

Le Kuduro et Buraka Som Sistema

Le Kuduro est né en Angola en 1996. Influence de la musique populaire, des samples super crados bidouillés avec les moyens du bord, des raps furieux, le tout sur un gros beat booty. Depuis plus de 10 ans, c’est le son qui met le feu dans les ghettos de Luanda.

Et au même titre que le Baile Funk au Brésil, il y a la musique, et la danse qui va avec

Les portugais de Buraka Som Sistema sont au Kuduro ce que Bonde do Role ou Diplo sont au Baile Funk:  une belle ouverture à l’international. 
Ce son est issu de leur EP assez fameux sorti début 2008, “From Buraka to the World”.

Ce titre qui donnait le micro à des stars locales du Kuduro comme Puto Prata a propulsé le groupe. 

1,600,000 views sur Youtube pour un clip à 0€, c’est bien mérité et ca fait plaisir. L’effet “featuring M.I.A.” n’y est pas pour rien j’imagine.

Depuis ils sont vraiment sorti de l’ombre: Un album, Black Diamond à écouter sur leur Myspace, et après le Sonar l’année dernière, ils sont sur le line-up du Coachella de cette année. Tout va bien pour eux.

Ma seule déception, c’est que ce groupe n’ait pas provoqué l’effet de levier sur le style musical dont ils s’inspirent: le Kuduro n’a jamais réellement percé en France.
Même combat pour le Baile Funk et Bande Do Role. Quand je pense à ce remix immonde du rap das armas de Cidinho & Doca qui pollue les ondes en ce moment..

La faute à personne: il n’ y pas de distribution, les DJ qui jouent ces styles de musique sont finalement assez rares, et franchement il faut vraiment avoir du temps et de la motivation pour trouver les prods sympas par soi-même. Le fait qu’il y ait une si forte culture associée doit aussi freiner la propagation de ces machines à danser. Dommage.

La presse spé s’y intéresse quand même, une bonne interview de Frederic Galliano (un des seuls francais à vraiment s’être investi dans le Kuduro) dans Tsugi ici

Si tu veux te plonger dans l’ambiance des raps sur beats violents du Kuduro et dans la culture qui tourne autour, il y a ce site qui propose des podcasts dans tous les sens, straight from Luanda, Angola.
Un petit clip de là- bas pour finir en beauté..

Et tiens, une mixtape de Kuduro qui tombe illico sur ton disque dur en cliquant ici.

Mar
26
2009
5

La poésie d’un plan cul gay en extérieur à Paris

“Quand je passe par la bas tard le soir, sur mon téléphone le numéro police secours est déjà en fond d’écran. je n’ai qu’à appuyer sur la touche verte en cas de problèmes.”

La bas, c’est les fameux labyrinthes de bosquets des jardins des Tuileries, du coté de la Pyramide du Louvre.

Très facile à ignorer, on peut passer devant indéfiniment, l’oeil hagard, sans se douter de rien. Et pourtant.

Petit briefing.

Au 18ème siècle, les jardins des Tuileries sont un haut lieu de la drague et de la prostitution homosexuelle. Aujourd’hui, c’est resté un spot de drague gay très actif à Paris. Sauf que pour le lyrisme des flirts furtifs et les parades en tenues affriolantes, il faudra repasser.

Toute l’action se concentre maintenant dans ces deux labyrinthes:


Curieux, je suis allé faire un tour en journée. A midi, il y a déjà des mecs qui tournent. Les buissons sont défonsés à force de servir d’abri à baise, mais ca reste encore “bon enfant”.
La où les choses se corsent vraiment, c’est dans les souterrains, dont les entrées sont presque invisibles de l’extérieur. Il y en a 10 en tout. Il faut vraiment descendre pour comprendre.. Obscur à souhait, sol recouvert de capotes usagées, c’est assez sordide. J’imagine l’ambiance la nuit.
En remontant, à quelques pas, sourire béat, les touristes s’émerveillent de la beauté du patrimoine de Paris. What the fuck.

A la fois caché mais sous le regard de tous, l’endroit prend vraiment vie après le coucher de soleil. Ca besogne dans l’ombre, sans fioritures. C’est aussi la que des bandes de cailleras viennent chercher un exutoire à leur homophobie, voler quelques portables, mais aussi se faire sucer à l’occasion. Des meurtres, il y en a eu apparemment. 

“Une fois je suis tombé sur un keuf qui m’a raconté que c’était pas la première fois qu’ils ramassaient le corps poignardé et abandonné d’un gars au fond de ce fameux coin d’où je sors ma photo.”

Pour le contexte historique, la localisation incroyable en plein épicentre culturel et touristique, pour la dureté, le coté malsain et anxiogène qui s’en dégage, ce club gratuit en plein air à la configuration assez unique méritait bien un post.

Afin de mieux visualiser, une très belle série par mon ami TheHooligan, qui se trouve être l’habitué des lieux qui m’a introduit à ce charmant concept d’activité nocturne gay.

A travers ses photos, imprègne toi un peu de l’atmosphère avant que la nuit tombe. Tout y est: la candeur du site au coucher de soleil. Le voyeurisme des pompiers surplombant la scène. L’arrivée sur le spot marqué A21. Les allées. La surveillance des équipes de sécurité. Les rôdeurs bien sûr. Les nids douillets dans l’intimité des buissons. Puis l’entrée des souterrains, pour finir sur une descente toute en douceur dans la réalité des sous-sols.

En douceur, car la série a été prise au téléobjectif, donc pas de plans larges et obscènes.
Si tu veux la version hardcore, la vérité brute, il faudra passer.
N’aie pas peur, fait pas ton pédé.

Mar
23
2009
4

Les Billboards de Branislav Kropilak

Une contre-plongée majuscule pour dévoiler l’esthétique cachée des panneaux publicitaires. Intelligent. Ce slovaque a du talent.

Sur son site, les séries d’atterrissages d’avion ou de paysages industriels sont très réussies.

PS: Je ne me suis pas transformé en Fubiz pendant la nuit, tout va bien, merci.

Feb
17
2009
4

10 conseils pour bien préparer ses vacances aux Maldives

Les Maldives, sable blanc, récifs coralliens et hotels de luxe.

Chaque touriste y génère chaque jour 3,5 kg de déchets.

Duréee moyenne du séjour: une semaine. 650,000 touristes par an.

Oui, ca fait 300 tonnes d’ordures par jour à gérer.

La solution? Thilafushi, plus connue sous le nom de Rubbish Island. Une île artificielle à quelques kilomètres de la capitale faisant office de décharge.thilafushi ile poubelle maldives

Pas de recyclage à Thilafushi, et les 150 immigrés requisitionnés au Bangladesh pour brûler les déchets ne suffisent plus à faire face à ces 300 tonnes arrivant quotidiennement par bateau.

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Entre les extensions cimentées construites par les industriels locaux et les dépôts sauvages des déchets dans les eaux peu profondes du lagon, Thilafushi s’agrandit de près d’un mètre carré par jour.

Ce n’est pas fini. Ces industriels ont recemment trouvé une parade: les déchets metalliques sont depuis peu exportés en Inde, où la tonne compressée en bloc est vendue 175$.

Le nouveau gouvernement et les ONG commencent à s’agiter, mais je te laisse imaginer leur force de frappe face au lobby local du tourisme de luxe.

En terme de problématique, les Maldives/Thilafushi c’est un peu un Israël/Palestine sous les tropiques.

Apparemment les 1200 îles de l’archipel sont de toute manière vouées à disparaitre sous l’eau à plus ou moins long terme. Les cocotiers, les bouteilles en plastiques, le sable blanc, les piles usées: tout finira donc englouti. (A part les déchets metalliques, puisque ils sont vendus en Inde).

Le nihilisme me guette.

Informations tirées de cet article de Novethic, deniché chez L’oeil du Xeul.

Sinon je suis passé voir Kosta Kulundzic à la galerie Magda Danysz, et j’ai bien fait:

marrackech upside down Kosta Kulundzic

Pour finir, toute cette histoire me fait forcément penser à l’Ile aux Fleurs, ce court métrage culte de Jorge Furtado, 1989.

Si tu ne l’as pas vu, c’est le moment où jamais, 12 minutes que tu ne regretteras pas.

Feb
09
2009
6

Week end à Berlin, le report

Bien trop court pour s’improviser city guide ou faire un état des lieux.
je vais donc me contenter de partager quelques impressions, petit mood board improvisé.

LA VILLE/////

Toujours en construction, des grues partout.

b-16

On a parfois l’impression que l’on sort tout juste de la guerre, comme dans ce hangar près de (Lire la suite…)

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