Jan
10
2010
3

Comité invisible – L’insurrection qui vient

Nous sommes
devenus les représentants de nous-mêmes – cet
étrange commerce, les garants d’une personnalisation
qui a tout l’air, à la fin, d’une amputation.

Livre Comité invisible l'insurrection qui vientTous les “ça va ?” qui s’échangent en une journée font songer à autant de prises de température que s’administrent les uns aux autres une société de patients. La sociabilité est maintenant faite de mille petites niches, de mille petits refuges où l’on se tient chaud. Où c’est toujours mieux que le grand froid dehors. Où tout est faux, car tout n’est que prétexte à se réchauffer. Où rien ne peut advenir parce que l’on y est sourdement occupé à grelotter ensemble.

Je te propose d’entamer la lecture de cet ouvrage dans le métro, en rentrant d’une journée comme une autre au travail. Le contexte, l’environnement est important pour apprécier au mieux le contenu.

L’idéologie défendue comme le mode d’emploi de l’insurrection ponctuant le livre sont finalement presque annexes, étouffés par l’efficacité du constat, propre, précis et incroyablement dur qui est asséné dans la première partie (la plus conséquente par ailleurs).

Chacun en prend pour son grade, il y a nécessairement un passage qui t’est dédicacé, quel que soit tes origines, ton horizon politique, ta classe sociale, ton mouvement, ta tribu. Et c’est le tour de force de l’essai : en une centaine de pages, cette analyse tellement juste et implacable dissèque la société contemporaine et les rapports humains. La névrose urbaine, le mal-être.. tout y passe. C’est traité avec finesse, bien écrit, les auteurs placent habilement leurs petites cartes “culture” sur la table, ce qui permet de sortir du cliché que l’on peut facilement se faire du discours anarchiste /autonomiste.

Un joli cadeau pour un responsable marketing Procter&Gamble, un militant gauchiste, un biobobo, ou quiconque ne s’étant jamais remis en question.

La version PDF est notamment disponible ici.

PS : Paru il y a bientôt 3 ans, ce constat n’a pas pris une ride. Si bien que les éditions du MIT s’en sont discrètement pressé une version anglophone en août dernier, à bon entendeur.

Written by LA PRAVDA in: Observation globale | Tags: , , , ,
Dec
06
2009
8

CANAL STREET, les cultures urbaines par Canal+

CANAL-STREET-logo-canal-plus

C’est officiel, CANAL STREET, le nouveau portail dédié aux cultures urbaines de Canal+ est online.

Comme je bosse dessus, le challenge est de te présenter le site sans tomber dans le publi-rédactionnel de mauvais goût. Il y a déjà beaucoup de contenu, je vais donc juste te donner un aperçu absolument pas exhaustif de ce que l’on propose.

Tout d’abord l’émission, diffusée exclusivement sur le web en direct tous les vendredis à 18h30 depuis début novembre. Chaque semaine on commence sur le live de l’invité musique, suivi d’une interview d’un invité société/politique, pour terminer avec un invité divertissement. L’idée est de provoquer de jolis croisements entre des personnalités et des sujets variés, le tout sur un plateau bien en retrait du format TV, animé par les humoristes Alban et Issa.

Vendredi dernier par exemple, on a eu un line up assez exotique: Oxmo Puccino/Marie Bové (la fille de José)/Kaïra Shopping.. Un beau bordel à revoir en intégralité ici.

chronique musique

Dans les rubriques musique et société, en plus des replay des sujets, live et interviews de l’émission arriveront vite des vidéos exclusives et des articles sur l’actualité concoctés par l’équipe (Arnaud Fraisse, ancien rédac chef de Groove est aux manettes, épaulé notamment par Raphäl Yem pour le contenu société).

La rubrique Tendances est aussi à suivre de près, avec des interviews Arts de rue bien ficelées (au passage il y a du lourd à venir question graffiti), les portraits girly de Bandes de filles ou encore les séquences Street Of(f) au coeur des happenings urbains. Ci-dessous c’est Kashink, son portrait est à voir ici.

kashink canal street

Sur la radio, une vraie grille des programmes t’attend avec les sons de la rédaction, mais aussi les playlists des invités de l’émisssion.

Enfin, on selectionne aussi chaque jour le meilleur de canalplus.fr: le big du fan de Snoop Dogg au Petit Journal, les SAV, le live de 50 Cent au Grand Journal, un article fort sur les blogs de Daphné Burki ou de Mouloud.. autant de mises en avant sur le site.

Il y a ausi du sport, des jeux vidéos.. mais le mieux maintenant c’est que tu ailles t’y balader, la captation live du concert de Booba vient d’arriver !

L’adresse du site: canalstreet.tv

PS: N’hésite pas à me faire part de ton avis, sur le fond comme sur la forme.. (critiques, anomalies, bugs et autres miam)

Si tu as des idées, bons plans, évènements à proposer, n’hésite pas non plus!

Written by LA PRAVDA in: Observation globale | Tags: , , ,
Nov
28
2009
0

Le royaume des animaux de ROA

ROA street artROA doit être monomaniaque. J’ai parcouru le site de ce belge du début à la fin:  des rats (beaucoup), toutes sortes d’oiseaux, des lapins, et bien d’autres surprises intriguantes… Une imagination qui ne tarit pas, mais uniquement des animaux. Inlassablement. L’intégration aux supports utilisés est assez étonnante:  Ses peintures démesurées se fondent aussi bien dans la rue au milieu de graffitis que dans des maisons ou hangars désaffectés qu’il fait vivre avec sa collection surprenante.

Un style vraiment original, parfois un peu morbide et noir, mais toujours avec ce coup de crayon séduisant et facilement reconnaissable.

ROA exposera en février à la galerie Itinerrance (dont Mehdi, le patron, est un vrai passionné d’arts de rue, bien en marge de l’opportunisme caractérisé de certains galeristes parisiens).

Ci -dessous une petite sélection issue du groupe Flickr dédié à ROA, qui regorge d’images qu’on ne retrouve pas sur le site de l’artiste.

Nov
01
2009
3

Olivier Metzger – Nightshot

Je suis tombé sur cette photo d’Olivier Metzger à la Slick, elle m’a fait son petit effet.

Olivier Metzger nightshot photographe (10)

Elle est issue d’une série de nuit tout à fait réussie. La section “personal” sur son site est aussi à checker.

Je pense que ça vaut le coup de passer les voir accrochées à la galerie Bertrand Grimont, vernissage le 14 novembre.

Oct
05
2009
4

Rocca, Tres Coronas y La Vida Loca

Dès les premières minutes de La Vida Loca, on a la bonne surprise de reconnaître la voix de Rocca. Quelle heureuse idée a eu Christian Poveda de collaborer avec cet artiste pour la BO de son documentaire. Le résultat sonne vrai et juste.

tres coronas rocca

Petit rappel: Il y a presque dix ans Rocca (La Cliqua) a eu l’intelligence de quitter la France pour New York où il a monté le projet Tres Coronas avec PNO, un autre colombien. Pensé dans le Queens, avec des rimes en espagnol pour un public latino. Un seul album sorti en 2005, Nuestra Cosa, qui m’avait beaucoup plu.

Le groupe marche très bien en Amérique latine. La force de la culture latino, c’est un produit exportable des quartiers porto-ricains de Brooklyn jusqu’au fin fond des Andes en passant par Mexico. On trouve des copies de Tres Coronas jusqu’aux étals des marchés de La Paz en Bolivie. Leur deuxième album “La musica es mi arma” devrait d’ailleurs bientôt arriver, update sur leur Myspace..

Pour habiller La Vida Loca, Rocca a utilisé “Mi tumbao”, une chanson issue de Nuestra Cosa (basée sur un sample salsa de Willie Colon à écouter ici). Très réussi, le morceau revient plusieurs fois dans le documentaire:

Mais il a aussi conçu des titres spécialement pour la bande originale,  dont celui-ci, avec la participation de Yuri Buenaventura. (La vidéo est un montage de stills issus du documentaire)

Je te recommande par ailleurs les très belles photos prises par Poveda durant le tournage, accompagnées du titre “Bang Bang” toujours par Rocca, à voir en full screen ici.

Pour en revenir rapidement au documentaire lui-même, l’immersion de Poveda dans la vie courante de la Mara 18 est assez impressionnante et impose le respect. Les scènes de vie sont poignantes: anniversaire, départ pour la prison, drogue, le tout rythmé par les enterrements à répétition en plan rapproché.. Une réalité crue qui compense son défaut, le manque d’information: l’apport en connaissance n’est pas le point fort de La Vida Loca.
Même si les scènes chez le juge, le suivi de l’ONG locale ou plus simplement les larmes d’une gamine de 18 ans tatouée au visage donnant le sein à son fils en disent long sur la situation et la détresse de ces gangs au Salvador, on en apprend finalement peu sur le fonctionnement et l’organisation des Maras.

La Vida Loca reste un documentaire à voir pour l’émotion qui s’en dégage, comme un témoignage donc, en se rappelant que Christian Poveda y a laissé sa vie.

Sep
07
2009
3

Le jour où j’ai appris l’existence de Unit 731

En juin 2007, je suis à Kyoto avec Wale. En fin d’après-midi on décide de grimper une colline à la périphérie de la ville pour profiter de la vue et du coucher du soleil.

En cherchant l’accès au sentier, on finit par se perdre dans les petites rues de ce quartier excentré. Surgit alors de nulle part un occidental à qui je donne une soixantaine d’années. Dur d’ignorer ce blanc dans ce coin paumé où un touriste n’a aucune raison de traîner. Jugement catégorique et expéditif de ma part au vu de sa chemise souillée et de sa barbe blanche hirsute: c’est un vagabond. Il parait aussi bien étonné de nous voir. On lui demande le chemin pour monter la colline, il propose de nous accompagner dans un anglais parfait.

Je l’observe du coin de l’oeil alors qu’on marche. Son comportement erratique ne l’empêche pas de se faire saluer par les gens du quartier, auxquels il répond d’ailleurs en japonais sans sourciller.

On finit par le questionner sur sa présence insolite dans le secteur. C’est un exilé américain qui vit ici avec sa femme japonaise. Il se dit écrivain. Hum. Toujours suspicieux, je lui demande ce qu’il a publié. Il commence alors à parler de ses ouvrages et de ses recherches, notamment sur la Unit 731.

Intrigués, on l’écoute avec de plus en plus d’attention. Il aborde les atrocités commises sur les prisonniers chinois par cette unité militaire japonaise pendant la seconde guerre mondiale. On arrive finalement devant sa maison qui se trouve être à l’entrée du chemin. Avant de se séparer on gratte quand même son nom: Hal Gold.unit-731-crime-torture

Ci-dessous un extrait de la page Wikipedia (à lire en entier ICI) pour mieux cadrer le mot “atrocité” dans le contexte.

On se livrait à la vivisection de détenus vivants. Certains ont été bouillis vifs, d’autres brûlés au lance-flammes, d’autres congelés, d’autres ont subi des transfusions de sang de cheval ou même d’eau de mer, d’autres ont été électrocutés, tués dans des centrifugeuses géantes, ou soumis à une exposition prolongée aux rayons X. Des détenus ont été complètement déshydratés, c’est-à-dire momifiés vivants. On les desséchait jusqu’à ce qu’ils meurent et ne pèsent plus que un cinquième de leur poids normal. On étudiait également sur eux les effets du cyanure d’hydrogène, d’acétone et de potassium. Certains détenus étaient affamés et privés de sommeil, jusqu’à la mort. D’autres ont été soumis à des expériences de décompression..”

“Selon Makino, les vivisections pouvaient durer entre 10 minutes et 3 heures. Les membres étaient d’abord coupés, puis les organes étaient retirés un à un. Les opérations étaient menées tous les trois jours et ont cessé lors du débarquement des soldats américains.”

D’autres sources relatent des tests de l’effet de grenades dans diverses positions, de femmes enceintes dont on enlevait le bébé sans anesthésie, des études sur la perte de sang, l’inoculation de maladies (tuberculose, choléra) et autres morceaux de cerveau ou de poumon prélevés à vif.

Ça a du clairement lui brûler le ciboulot à ce Hal Gold d’enquêter sur ces barbaries à plein temps. Il en a trop vu, trop lu, trop entendu. Après coup je comprends mieux l’allure, la façon d’être du personnage. Et je regrette d’autant plus mon attitude un brin condescendante ce jour-là. Leçon de vie comme on dit.
Je n’ai pas lu son bouquin, mais si le sujet t’intéresse tu peux le commander en cliquant sur l’image.

Unit 731 Testimony Hal Gold book

Au passage il est bon de savoir que ces crimes contre l’humanité  restent impunis à ce jour et que le gouvernement japonais nie toujours la nature des activités perpétrées dans ce camp.

Et comme tu vois, le panorama de cette fin de journée restera une parenthèse.Kyoto 2007

Sep
02
2009
10

Petites mélodies classiques du rap français

melodie rap francaisLe rap francais a bien marqué mon adolescence, et ça faisait pas mal de temps que je voulais rendre un petit hommage aux artistes qui ont contribué à cette “grande époque”.

Evidemment il y a beaucoup trop de monde sur la liste, trop de sons mythiques et je ne suis pas Stakhanov, je n’allais pas linker tout Youtube non plus.

Je me suis donc cantonné à une sélection thématique de morceaux qui ont un point commun: piano, violon, guitare, samples de musique classique… ils brillent tous par leur mélodie “douce” et un flow pas trop sauvage. L’idée étant de faire découvrir des sons connus ou moins connus à ceux qui détestent le rap français par principe.

L’occasion aussi pour ceux qui apprécient de balancer un peu la tête en marmonnant un petit “c’était mieux avant” bien justifié sur les airs de ces chansons sorties entre 1994 et 2002.

Des titres que j’écoute toujours autant aujourd’hui, avec NOSTALGIE.

C’est parti: (Lire la suite…)

Aug
27
2009
4

Street art à Istanbul

Le street art c’est trop cool c’est trop fashion c’est trop à la mode je ne rate plus un vernissage en galerie j’ai un poster de L’Atlas dans ma chambre je me suis rajouté en fan de Tran sur Facebook j’ai trouvé l’expo Tag au Grand Palais TROP BIEN avec mes copines on se fait des après-midi “Space Invader spotting” dans le Marais je crie très fort à la librairie de la Fondation Cartier que JE CONNAIS JONONE si ils continuent à pondre des articles trop underground dans mes magazines hype préférés je vais me faire tatouer un tag UV TPK c’est sûr en attendant je fais des safari photo graffiti sans relâche partout où je vais et j’étale ma crasse sur le web

Je disais donc petite sélection de ce qu’on peut trouver sur les murs à Istanbul. J’ai essayé de mettre des photos avec des scènes de vie locale, comme ça si tu vomis l’art de rue tu peux quand même jeter un oeil.

La main jaune omniprésente c’est Kripoe, un allemand de Berlin qui a littéralement retourné Beyoglu, en particulier Tunel.

Quelques Space Invaders aussi, mais hormis Dose ou Dsk (un vandal bien actif que j’ai vu dans des endroits assez improbables), on peut dire que le graffiti istanbouliote est peu developpé. Pas mal de pochoirs, un peu de dessins.. mais ça c’arrête la.
La ville est par ailleurs pour l’instant épargnée de la “culture” sneakers, mais Pabuc va y remèdier puisque il ouvre sa boutique spécialisée baskets juste à côté de Milk Gallery. En espérant que ça ne finira pas en match de polo sur pignon fixe..

La boutique qui vend des bombes et passe du rap français, c’est Donut Store. Fermé quand je suis passé, mais Wale m’a dit le plus grand bien du gérant.

Sinon Istanbul est vraiment une ville sympa, cosmopolite, à faire pour un long week-end. Très dépaysante, beaucoup de choses à voir, on y mange bien pour pas cher, et les soirées y sont très animées (j’ai avalé cette saloperie de Lonely Planet). Le Modern Museum est à visiter, une bonne surprise.

Written by LA PRAVDA in: Scan urbain | Tags: , , , , , , ,
Aug
24
2009
1

Céline – Voyage au bout de la nuit

C’est ballot de recommander un classique de littérature ici hein?

Pas du tout. La génération Y (digital native) ne lit plus. Une fois le sport et les sorties évacués, ADSL régit le reste de notre temps libre. Ces quatre lettres tu le sais mènent alors la danse à grands coups de mails, réseaux sociaux, blogs, sites, téléchargement de musique, de films ou de séries, grignotant les minutes que l’on dédicacerait à se plonger dans un bouquin.

La lecture représente aujourd’hui pour beaucoup un investissement en temps assez décourageant que l’on réserve au mieux pour ses vacances. La sélection en devient d’autant plus essentielle: Pas le droit à l’erreur, priorité donc au sum.

D’où la justification de ce post. Je propose ce chef-d’oeuvre pour motiver ceux qui comme moi étaient bêtement passé à côté de cette valeur sure.
Voyage au bout de la nuit est un bijou, nihiliste et cinglant à souhait. Articulé autour d’un périple passant par la banlieue parisienne, l’Afrique coloniale et les Etats-Unis, la bassesse et le vice des hommes y sont décortiqués avec une dextérité incroyable. Je crois que la plume jouissive de Céline passe au crible à peu près tous les travers de l’être humain. Autant te dire que je l’ai savouré comme il se doit, sourire malicieux au coin de la bouche. Indispensable et jubilatoire. Si tu l’as déjà lu, on se comprend, sinon tu me remercieras plus tard.

Ce roman est un vivier à citations, on pourrait quasiment le reconstituer d’extraits en extraits. Ci-dessous un superbe passage que j’ai pris un malin plaisir à recopier juste pour te mettre dans le bain.

voyage_au_bout_de_la_nuit Céline

Dans le cas où nous étions, un homme, un costaud, m’aurait fait peur, mais d’elle je n’avais rien à craindre. Elle était moins forte que moi, comme on dit. Depuis toujours l’envie me tenait de claquer une tête ainsi possédée par la colère pour voir comment qu’elles tournent les têtes en colère dans ces cas-là. Ça ou un beau chèque, c’est ce qu’il faut pour voir d’un seul coup virer d’un bond toutes les passions qui sont à louvoyer dans une tête. C’est beau comme une belle manoeuvre à la voile sur une mer agitée. Toute la personne s’incline dans un vent nouveau. Je voulais voir ça.
Depuis vingt ans au moins, il me poursuivait ce désir. Dans la rue, au café, partout où les gens plus ou moins agressifs, vétilleux et hâbleurs, se disputent. Mais je n’aurais jamais osé par peur des coups et surtout de la honte qui s’ensuit des coups. Mais l’occasion, là, pour une fois était magnifique.
” Vas-tu t’en aller? ” que je fis, rien que pour l’exciter encore un peu plus, la mettre à point.
Elle me reconnaissait plus, à lui parler comme ça. Elle s’est mise à sourire, horripilante au possible, comme si elle m’avait trouvé ridicule et bien négligeable… ” Flac ! Flac ! ” Je lui ai collé deux gifles à étourdir un âne.
Elle est allée s’aplatir sur le grand divan rose d’en face, contre le mur, la tête entre les mains. Elle soufflait à petits coups, et gémissait comme un petit chien trop battu. Et puis, elle a comme réfléchi et brusquement elle s’est relevée, toute légère, souple et elle a dépassé la porte sans même retourner la tête. J’avais rien vu. Tout était à recommencer.

Jul
23
2009
7

ANTIFA: Chasseurs de skins

antifa_chasseurs_de_skinsLe travail de recherche d’archives et les images fournies suffisent à justifier le visionnage de ce documentaire de 2008 sur les bandes de chasseurs de skins dans les années 80 à Paris.
Et même si ils se font parfois un peu mousser, les témoignages des membres des Red Warriors, Ducky Boys et autres Ruddy Fox restent passionnants.

Le réalisateur (Marc-Aurèle Vecchione) avait par ailleurs déjà signé Writers, un documentaire sur la première vague de graffiti en France tout aussi qualitatif qu’Antifa. En fait, je crois que tout le catalogue de Resistance Films mérite l’attention..

Antifa me rappelle inévitablement le film culte The Warriors, une guerre des gangs ultra photogénique dans un New York 80’s à souhait que je te recommande aussi chaudement. Le trailer ici pour te motiver.

[Edit] “Sur les pavés” est la réponse des skins à Antifa, sortie en mars 2009. Les témoignages de Serge Ayoub (aka Batskin, fondateur des JNR) et d’autres figures du camp adverse sur cette même période sont forcément radicalement différents.. A voir ici pour faire la balance.

Copyright © 2009 LA PRAVDA