Sep
27
2008
1

Qui a parlé de révolution?

Jeudi dernier, vernissage “D’une révolution à l’autre”, la nouvelle expo commissionnée par Jeremy Deller au Palais de Tokyo.

Même si on parle ici de révolutions culturelles, je trouve que le raccord actualité ne pouvait pas mieux tomber, d’autant plus que Deller s’interroge sur le lien entre révolution industrielle et révolution culturelle.

Spécialement après cette douloureuse semaine financière où même Sarkozy se surprend à prôner un “capitalisme régulé”, où Mc Cain voulait reporter son débat avec Obama, où certitudes et evidences sont remises en question, la rétrospective developpée par Deller prend une dimension forte et très percutante.

La présentation des révolutions culturelles par pays, le clash qui en découle est aussi trés réussi.

(ci dessous Manchester)

Un stylo, un moteur de lecteur de cassettes, des piles, une brosse à dents, deux cables, une aiguille.

Studio de tatouage artisanal saisi en prison, une révolution made in U.S.A.

 

La symphonie des sirènes d’Avraamov.

Dirigée à coups de pistolet et de drapeaux par le chef d’orchestre, les inévitables choeurs accompagnés d’une batterie de pièces d’artillerie, sirènes des usines, cornes de brume, et division de mitrailleurs.

La puissance soviétique. J’essaie de m’imaginer la violence du truc..

Je m’arrête la, je ne vais pas te commenter tout l’expo qui est très fournie.

Globalement c’est une réussite, ca fait réfléchir, ca vaut le coup de passer faire un tour.

Tiens quand même, un peu de poésie soviétique pour la route.

 

Toujours au Palais, je tombe sur la présentation de BabyDisco.

pour une entrée à 10 euros, les enfants de 3 à 7 ans peuvent venir s’éclater pendant que les parents visitent l’expo.

Le vice, c’est que c’est Chloé, Pedro Winter ou encore Ariel Wizman qui s’occupent de la musique.

Une sorte de garderie hype où les bambins s’imprègnent des codes parisiens? Second degré sympathique?

Je suis pris de court la.

Je ne sais pas pas si je laisserai mon gosse la dedans la conscience tranquille. Il pourrait en ressortir et me demander des Bape et une soirée au ChaCha pour ses 6 ans.

 

Clin d’oeil, Bak (physio du Baron) était devant l’entrée de ce BabyDisco.

Observe comme la foule a inconsciemment mais fidèlement reproduit la même queue qu’à 02h17 un samedi avenue Marceau. Il ne manquait plus que quelques “Bak” “Bak”, et on y était.

Ah, à propos, rappelle toi, l’expo s’appelait “from one revolution to another”.

Dans 50 ans, que dira t’on de notre époque, quelle est notre révolution culturelle contemporaine?

Sep
25
2008
4

Le tourisme spatial

Va vite acheter tes réserves de mais en conserve, c’est lundi noir, crash boursier, la crise mondiale, la fin du monde.

La crise? quelle crise, non je vois pas la… de quoi tu me parles?

Lehman Brothers? C’est un film?

Parlons sérieusement, parlons vacances.

 

Pour 200.000$, tu peux déjà réserver ton petit voyage dans l’espace avec Virgin Galactic.

Premier décollage prévu en 2010, 100 kilomètres d’altitude, 6 minutes d’apesanteur.

Ci dessus, la deuxième version du vaisseau spatial commandé par Mr Bronson à Mojave Aerospace Ventures. 

 

Bien sympathique, mais cela reste une broutille comparé à ce que propose Galactic Suite:

Partir en vacances dans l’espace.

Ca me parle.

La navette spatiale est ici reléguée au rang de moyen de transport permettant d’arriver au space resort.

Se réveiller dans cet hotel orbital tournant autour de la terre en 80 minutes.

La, le délire commence à devenir très sérieux.

Le souci, c’est que le matériel n’a pas encore été testé, ni même construit, pour un premier départ prévu en 2012.

Le projet est financé par un investisseur mystère, qui à défaut de révèler son nom a déjà posé 3 milliards de $ sur la table. 

Il faudrait donc une petite rallonge pour accélerer l’aboutissement de ce génialissime projet.

Amis saoudiens, chinois, russes, n’hésitez plus, la Rolex Daytona or blanc/léopard sertie de rubis et diamants attendra, la Rolls-Royce Phantom Bespoke Collection aussi. Côtisez vous pour Galactic Suite.

Un article sponsorisé par AIG.


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Sep
23
2008
2

NTM à Bercy, bilan mitigé

Je fais partie de ces gens qui étaient devant leur ordinateur à 9h57 le samedi 15 mars sur fnac.com à appuyer frénétiquement sur F5 afin d’être sûr de locker leur place.

Les tickets sur l’étagère depuis tout ce temps, à laisser travailler son imagination.

La crème du hip hop français qui remet ça, Bercy, le gros son, les fans en furie…

De longs mois d’attente.

Puis arrive le grand soir.

Verdict?

Bilan mitigé.

On va commencer par le positif.

Sefyu en première partie, ça ne fait de mal à personne.

Enfin si, à pas mal de bouffons qui crient “dégage” ou “casse toi”, de très loin bien sûr… ok, je passe.

Puis débarquent nos deux compères.

Furieux, égaux à eux même, ils n’ont pas bougé.

Une scénographie impressionnante. Vraiment super bien faite.

Notamment les ghetto blasters sur les morceaux old school, ou la jouissive intro de “Paris sous les bombes”:

Des instrus de certains morceaux reprises par l’orchestre , très très bon aussi!


Maintenant je ne peux pas m’empêcher, il faut que je bave un peu.

Et il y a de quoi.

J’attendais tellement de ce concert.

Pourquoi laisser le micro seulement sur un titre à des piliers du rap comme Zoxea ou Busta Flex?

Pourquoi le laisser si longuement à Natty?

Pourquoi Carnaval?

Pourquoi une sonorisation si mal réglée?

Je ne comprend vraiment pas.

Qu’on soit clair, c’était bon, on a beaucoup transpiré, bien crié aussi.

Mais ca aurait du être tellement plus fou.

On s’attendait au Zenith de 98, mais en version reloaded avec 15000 personnes…la guerre en quelque sorte.

Cette guerre n’a pas vraiment eu lieu.

La faute à qui?

Certainement pas à Joey “full on coke” Starr, ni à Kool Shen.

Ils étaient plus que présents.

Les vrais fautifs, c’était le public.

Ce mauvais mélange de ploucs et de blondinets accompagnés de leurs copines pots de fleurs/Blackberry.

Ceux qui à la sortie du concert ont du lancer des “c’était géniaaaaaaaaal, diiiiiiingue, trop ouffff quoooooi.”

Pas de délit de faciès ici, car on fait très vite la différence entre un gros kiffeur de hip hop, la trentaine, même bobo-isé à mort,  et des gens qui de toute évidence hésitaient entre Madonna et le Suprême pour pimenter leur fin de semaine.

Je ne serai pas remonté contre eux si leur présence manque de présence n’avait pas influé sur la prestation des artistes.

A tel point qu’au milieu de “la fièvre”, Kool Shen s’arrête.

Et oui, quand il donne le micro au public, il n’entend rien. 

Et pour cause, autour de moi on doit être cinq à connaitre les textes.

Ils ne termineront pas “la fièvre”. 

C’est dur.

Dur pour eux, dur pour les fans.

Autant je ne voulais pas une fosse exclusivement Ghetto 93 où tout se termine en émeute, autant faut pas déconner, si tu n’es pas à bloc sur le groupe, si la fièvre ne t’évoque rien, fallait pas te sentir obligé de venir.

Les vrais amoureux du rap français n’étaient pas en majorité samedi soir.

Le comble, c’est que la banlieue était presque absente.

En somme, une foule plus Bob Sinclar que Supreme NTM, c’est vraiment dommage.

La place à 45euros minimum doit expliquer ce regrettable filtrage.

Joey l’a bien remarqué, il demande aux “têtes d’ardoises” sur leurs strapontins dans les gradins de bien vouloir se lever. (énorme!)

Ensuite ca devient “tête de bite, si tu chantes pas, la sortie c’est par la bas” (délectable!)

La conclusion, c’est que je ne regrette bien sûr pas d’être venu, il fallait être présent.

Mais ce petit goût amer, cette sensation que ce qui aurait du être la grande messe du underground s’est un peu trop apparentée à une kermesse.

C’est dommage, car j’aurais bien aimé que les patrons tirent leur révérence plus dignement, sans folklore.

Eh oui, sans les confettis à la fin.

La rançon du succès j’imagine.

Merci quand même NTM, merci pour tout.

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Sep
20
2008
2

Levi’s se paye Hirst et les Beaux Arts

Jeudi dernier, Levi’s présentait sa nouvelle collection. OK, cool…

Oui, mais c’est une collaboration avec….Damien Hirst!

Le bonhomme a une actualité déjà assez incroyable qui n’a pas pu t’echapper (il vient de faire la nique à tous les galeristes du monde en vendant une grand partie de son travail directement chez Sotheby’s pour 140 millions d’euros).

Levi’s, non content de se payer l’artiste, s’offrait aussi les Beaux-Arts comme salle d’evenementiel.

Caution arty? quête desespérée du bon goût? artist mania?

Tout ce que tu voudras, je trouve ça tout de même de très bon ton.

Forcément, la marque nous ressort sa petite frise chronologique rétrospective.

Des débuts à la ferme pour arriver au sommet en 2008 où “on se paye l’artiste le plus cher au monde”.

Joli parcours, jolie performance pour 501, on ne peux pas le nier.

“Art you can wear” sont les propos de Hirst pour définir cette collaboration.

Démarche Warholienne qui me plait bien, même si je ne suis pas convaincu du bon goût de la chose.

On continue avec ce petit happening plutôt sympathique (avis très mitigés).

“Playboy Levi’s” sort de sa boite, mini storytelling entre le plein de soupe et 2B3.

Pour finir tout ca au nettoyage.

Je suis bon client sur ce genre d’histoire; je trouve ca original.

En fait, tout ce qui peux éloigner une soirée evenementielle de la platitude et de l’ordinaire qui lui est propre me fait plaisir.

Karla Otto est trés performant à ce sujet.

Notre petite troupe de crevards parisiens d’invités est ainsi rarement décue.


Sinon, dans la vraie vie, la collaboration entre mister Hirst et Levi’s ressemble à ça.

Chez nous, c’est vendu bien sûr dans le magasin aux jolies vitrines du 213 rue St Honoré, sinon chez Barney’s et autres Fred Segal du coté de NY.

Distribution ultra selective donc: “art you can wear”, mais pas trop quand même.

C’est la ou je ne saisis pas trop; pourquoi Levi’s…et pas une marque plus “intimiste”.

A.P.C. ou Comme Des Garcons auraient bien mieux fait l’affaire à mon sens…

Maintenant je crois que camarade Hirst nous a assez bien fait passer le message, il n’est pas venu sur Terre pour faire du bénévolat avec son Art.

Et il n’a pas tord. Il doit en dormir comme un bébé la nuit.

Sep
16
2008
0

L’Art de la Guerre

Depuis que je suis tout petit, je suis fasciné par l’univers des armes.

C’est comme ça.

Quand Starck avait sorti sa gun lamp Kalashnikov, l’idée m’avait donc déjà bien plu, même si j’aurais aimé un rendu plus brut et autoritaire.

 

 

Dans AD, je suis récemment tombé sur ces sculptures “grenade”, par Jaume Plensa.

Je dis oui. Tout simplement.

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Sep
16
2008
1

Les nouveaux riches débarquent

Ca se confirme, la baisse du dollar entraine une nouvelle forme de tourisme à New York.

La classe moyenne de Madrid, Paris où Hambourg vient dorénavant s’offrir le style de vie new-yorkais.

Le pouvoir d’achat en berne, les tickets restos, l’essence trop chère…

8h d’avion plus tard, c’est diner au Suba puis coktail à Thor avant de se finir en bottle service au Marquee.

Témoignages via le New York Times:

Negin Farsad, réalisatrice new-yorkaise, escorte dorénavant ses amis européens en visite dans leurs “Europeans-clean-out-the-Apple-store shopping excursions”.

A Bergdorf (department-store de luxe midtown),  Polly Blitzer, ancienne éditrice de magazine beauté chaussée de Jimmy Choo se plaint d’avoir attendu qu’un jeune couple d’européens en short/baskets ai fini ses emplettes pour être considérée…

“It’s Psych 101-jealousy” selon Randi Ungar, 30 ans, manager en publicité online qui aimerait aussi pouvoir se lâcher en Prada à Milan.

Le manager du restaurant Southern Hospitality (Ayala, Justin Timberlake) dans l’Upper East Side nous parle de clients européens prenant 3 entrées juste pour gouter, sans même les terminer…

Le marasme économique américain contribue aussi à ce sentiment d’aigreur.
Même les new-yorkais les plus cosmopolites rejettent ce phénomène et parlent de territorialisme, voyant les touristes traiter leur ville tel un “Wal-Mart du hip”.

Perturbation d’une mécanique new-yorkaise bien huilée avec cette nouvelle tendance européenne de “voyage shopping” générant transgression des codes, débarquement des employés de bureaux “bien de chez nous” dans les lieux huppés, tout ça sur fond de récession américaine. Ça promet.

A quand les premiers changements de stratégie chez les marques du coté de Manhattan?

On commence par une entrée “European VIP” au Apple Store?!

Sep
13
2008
3

Mon confident

Google.com -Il a toujours une réponse aux questions que je me pose.

Gmail -Aujourd’hui, il a lu tout mes mails, mes chats aussi bien sur.

Google Maps -Il sait ou je vais et ou j’habite.

Blogger by Google -Je lui ai raconté un an de voyage.

Picasa & Youtube by Google -Il a vu toutes mes photos et autres videos. 

Google Reader -Il sait quels fils RSS je lis, et à quelle fréquence. 

Google Chrome -Depuis une semaine, c’est mon nouveau Firefox, il suit donc mon activité sur le web click par click.

Google Android -Demain, mon téléphone utilisera son OS pour mobile.

Google X -Après demain, c’est mon PC qui fonctionnera sous son système d’exploitation en préparation.

Ma musique, mon bureau, tous mes documents seront alors stockés directement sur ses serveurs.

L’avancée technologique qui coulera à petit ou long feu Windows.

Qui pourra faire face à ce projet anyway? Steve, any ideas?

Je voulais donc remercier mon confident, celui avec qui je partage tout. 

Je voulais remercier Google pour son Utilité, son Innovation et sa Fiabilité.

Je crois que c’est une des marques qui spontanément m’inspire le plus de respect.

D’autant plus que mon confident préféré ne m’a pas encore demandé un centime pour ses bons et loyaux services.

J’aimerai aussi remercier Google pour son respect de ma vie privée.

Mais pour ça, j’attend encore un peu.

Sep
10
2008
1

Le français contre-attaque

Last Manoeuvres In The Dark est la dernière installation de Raphael Siboni.

Un jeune talent qui a déjà bien creusé son trou entre les Biennales de Santa Fe ou de Lyon, et ici au Palais de Tokyo.

Co-réalisé avec son complice Fabien Giraud.

Le système sonore qui vient avec l’installation enrichit bien l’atmosphère et l’interprétation. 

Le rendu est aussi intense que surprenant à mon sens.

Je dis donc merci Raphael Siboni, 27 ans, français.

Ca fait vraiment du bien de voir un jeune artiste de chez nous qui cartonne!

La vidéo pour mieux comprendre le tout:

Sep
08
2008
4

L’arnaque

Premier post de mon ami  Ph*l Cohen. 

Dauphine, Columbia, 2 ans à New York, vie active, cabinet d’avocat…

Rien ne laissait présager cette petite escapade.

Et pourtant, il parcoure le monde en solo depuis 10 mois maintenant. Afrique, Amérique du Sud, Asie…

Ça donne un certain recul sur la perception de l’arnaque.

Un post qui fera esquisser un sourire complice aux baroudeurs et autres backpackers, et qui permettra au commun des mortels de rentrer un peu dans la peau d’un voyageur au long terme.

Va te balader sur son très bon blog www.larzizou.com pour mieux comprendre le personnage.

Le Nigeria, c’est loin et je n’y connais personne. Je ne suis pas particulièrement serviable et seulement raisonnablement cupide. C’est pourquoi, quand je reçois un de ces emails en écriture robotique me demandant d’aider tel nigérian a sortir un trésor considérable de son beau pays, moyennant une généreuse commission… je l’efface.

Je l’efface en me disant “c’est vraiment un attrape c******”.

Quand je prends un taxi à Paris (je crois bien que je n’aurai jamais le permis) ou à NY, je fronce les sourcils et le signale au conducteur lorsqu’il décrit des cercles concentriques et me fait faire un tour de la ville (payant, bien sur) non sollicité.

Parfois même, bien que incertain du chemin, de mon bon droit, je hausse le ton.

Non, décidément, je ne suis pas un c*******.

Exercer une précaution pointilleuse s’avère plus compliqué a l’étranger.

En vadrouille depuis dix mois, j’ai eu le temps d’expérimenter divers niveaux de sophistication et d’inventivité dans la très profitable quête visant à aspirer les poches des touristes.

Prégnante est la distorsion entre ce que le fournisseur de service prétend offrir explicitement ou semble offrir implicitement, et ce  qu’il offre.

Il faut toujours recouper l’information avec les moyens du bord.

Fini le temps ou je ne testais pas la température (ET LA PRESSION) de la douche prétendue chaude d’une auberge / guest house.

Je ne suis plus un c*******.

Fini le temps ou je ne testais pas les ressorts du lit, le positionnement de ce même lit sous le climatiseur / ventilateur ou la mobilité dudit lit, la puissance de la climatisation, le flush des toilettes…

Je ne suis plus un c*******.

Fini le temps ou je ne demandais pas à voir une photo du bus (si je suis loin du terminal de transport) ou le bus dans  lequel j’allais voyager jusqu’à trente heures, ne demandais pas le prix (ET LE TEMPS DE TRAJET) à au moins trois agences différentes.

Je ne suis plus un c*******.

Aguerri par neuf mois de pérégrinations parfois ubuesques, je ne suis plus un c******.

Sauf que : je n’avais pas encore été au Vietnam.

Ça commence à la frontière terrestre : on exige de toi 1 dollar pour tamponner ton passeport, en sus du visa dument payé. Évidemment, pour le reçu, on peut toujours rêver.

Ça continue un peu partout. Exemple au resto ou à la plage :

- Combien le kg de crevettes ?

- Where are you from?
- France
- 10 euros.

Même scène, autres acteurs:

- Combien le kg de crevettes ?
- Where are you from?
- United States
- 10 dollars.

Depuis quelques temps, je viens d’Éthiopie…

Autre concept en vogue ici (vous l’aurez compris, je suis encore au Vietnam et écris sous le coup de l’émotion), le “happy hour”.

Le principe ? On double (variation : triple, quadruple…) le prix et t’en donne deux pour le prix d’un. Les modalités ? Le happy hour dure…toute la journée. Tous les jours.

Happy hour, happy day ou happy life.

Je suis un homme et, naturellement, ma vigilance s’émousse au contact de créatures de rêve (comme en sont pourvues de nombreuses agences de voyage).

La fatigue l’endort également.

C’est comme ça que mon pote et moi, tous les deux (donc deux fois plus vigilants), après avoir dument demandé moult photos et précisions concernant le bus qui nous emmènerait de Hanoi à Saigon en quatre étapes (prés de 50h sur des routes rocailleuses), on n’a pas bronché quand, à notre retour de la baie d’Halong, on a lu le mot laissé par la délicieuse hôtesse de l’agence expliquant que notre bus était plein mais qu’elle avait réservé avec une autre compagnie, que “don’t worry, same quality”.

On est monté a bord de ce bus miteux.

Évidemment, aucun remboursement de la différence, parce que l’hôtesse “n’avait pas vérifié le prix, devenu plus important en raison du la hausse du prix de l’essence (Note de moi : pourtant à la baisse ces dernières semaines) avant de réserver pour nous”, mais d.ieu merci, elle allait “prendre la perte pour elle”.

La cerise sur le gâteau ? Quand l’hôtesse nous a appelé pour nous demander si tout allait bien, de peur qu’on fasse marche arrière et demande remboursement, on a répondu par l’affirmative et l’a remercié.

Je ne suis pas un c******* !!!

Larzizou

Sep
04
2008
2

Tropa de Elite matraqué

Tropa de Elite, dont je parlais dans ce post, est enfin sorti en France hier.

Comme prévu, c’est un bon film.

Je ne suis pas objectif, dés qu’on me parle du Brésil, de Rio, je gobe n’importe quelle pilule.

Un petit “Beleza” suivi d’un “isso” ou tudo bom irmao” et c’est empaqueté vendu.

Bref, j’en parlais à l’époque comme le prochain Cité de Dieu.

Je me suis bien planté, le film n’aura pas de succès commercial en France.

Il est diffusé dans 4 salles à Paris. Bouh.

je suis allé le voir à l’UGC des Halles: micro salle même pas pleine.

Pourquoi la sortie est elle si confidentielle?

Le film est quand même ours d’or à la Berlinale, et j’étais à Rio quelques mois aprés la première projection, les locaux en redemandait, le divx pirate tournait dans tous les sens.

Que s’est t’il donc passé?

Les critiques francais l’ ont pas mal cassé, le décrivant comme un clip de propagande du BOPE (groupe d’intervention d’élite de la police militaire de Rio).

Extrait de Libération:

“A ce niveau de connerie en barre, il n’y a manifestement plus de pilote dans l’avion, et Troupe d’élite se termine ainsi, en hachis parmentier mental pour tous les nostalgiques des dictatures sud-américaines.”

Extrait de Chronic’Art:

”Fasciste, Tropa de elite ? C’est encore plus bête que ça : une mise en scène bourrino-fun, clipeuse et viandarde à souhaits soutient un propos en effet méchamment déglingos…”

Sur la forme, je comprend ces propos. On aime ou pas.  Pas de soucis.

Mais pour ce qui est de l’apologie du fascisme et de la nostalgie de dictatures.. il faudra m’expliquer à quel moment du film ce message est délivré.

C’est ultra violent, ce n’est pas toujours fin, mais cette perception des favelas et de la corruption à travers l’oeil d’un flic intégre est finalement assez juste et complète.

Les brésiliens eux ne s’y sont d’ailleurs pas trompé. Controversé mais adulé à Rio.

Bon à savoir, ce film est tiré d’un livre coécrit par un anthopologue, et c’est un capitaine du BOPE qui s’est occupé du scénario.

Je persiste, va le voir.

Pas comme un documentaire intelligent et porteur de message ou une analyse sociologique nuancée.

Va le voir comme un film, un film témoin et dur, relatant un point de vue qui n’avait pas encore été exprimé au cinéma.

Et tu ne seras pas déçu.

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