L’arnaque
Premier post de mon ami Ph*l Cohen.
Dauphine, Columbia, 2 ans à New York, vie active, cabinet d’avocat…
Rien ne laissait présager cette petite escapade.
Et pourtant, il parcoure le monde en solo depuis 10 mois maintenant. Afrique, Amérique du Sud, Asie…
Ça donne un certain recul sur la perception de l’arnaque.
Un post qui fera esquisser un sourire complice aux baroudeurs et autres backpackers, et qui permettra au commun des mortels de rentrer un peu dans la peau d’un voyageur au long terme.
Va te balader sur son très bon blog www.larzizou.com pour mieux comprendre le personnage.
Le Nigeria, c’est loin et je n’y connais personne. Je ne suis pas particulièrement serviable et seulement raisonnablement cupide. C’est pourquoi, quand je reçois un de ces emails en écriture robotique me demandant d’aider tel nigérian a sortir un trésor considérable de son beau pays, moyennant une généreuse commission… je l’efface.
Je l’efface en me disant “c’est vraiment un attrape c******”.
Quand je prends un taxi à Paris (je crois bien que je n’aurai jamais le permis) ou à NY, je fronce les sourcils et le signale au conducteur lorsqu’il décrit des cercles concentriques et me fait faire un tour de la ville (payant, bien sur) non sollicité.
Parfois même, bien que incertain du chemin, de mon bon droit, je hausse le ton.
Non, décidément, je ne suis pas un c*******.
Exercer une précaution pointilleuse s’avère plus compliqué a l’étranger.
En vadrouille depuis dix mois, j’ai eu le temps d’expérimenter divers niveaux de sophistication et d’inventivité dans la très profitable quête visant à aspirer les poches des touristes.
Prégnante est la distorsion entre ce que le fournisseur de service prétend offrir explicitement ou semble offrir implicitement, et ce qu’il offre.
Il faut toujours recouper l’information avec les moyens du bord.
Fini le temps ou je ne testais pas la température (ET LA PRESSION) de la douche prétendue chaude d’une auberge / guest house.
Je ne suis plus un c*******.
Fini le temps ou je ne testais pas les ressorts du lit, le positionnement de ce même lit sous le climatiseur / ventilateur ou la mobilité dudit lit, la puissance de la climatisation, le flush des toilettes…
Je ne suis plus un c*******.
Fini le temps ou je ne demandais pas à voir une photo du bus (si je suis loin du terminal de transport) ou le bus dans lequel j’allais voyager jusqu’à trente heures, ne demandais pas le prix (ET LE TEMPS DE TRAJET) à au moins trois agences différentes.
Je ne suis plus un c*******.

Aguerri par neuf mois de pérégrinations parfois ubuesques, je ne suis plus un c******.
Sauf que : je n’avais pas encore été au Vietnam.
Ça commence à la frontière terrestre : on exige de toi 1 dollar pour tamponner ton passeport, en sus du visa dument payé. Évidemment, pour le reçu, on peut toujours rêver.
Ça continue un peu partout. Exemple au resto ou à la plage :
- Combien le kg de crevettes ?
- Where are you from?
- France
- 10 euros.
Même scène, autres acteurs:
- Combien le kg de crevettes ?
- Where are you from?
- United States
- 10 dollars.
Depuis quelques temps, je viens d’Éthiopie…
Autre concept en vogue ici (vous l’aurez compris, je suis encore au Vietnam et écris sous le coup de l’émotion), le “happy hour”.
Le principe ? On double (variation : triple, quadruple…) le prix et t’en donne deux pour le prix d’un. Les modalités ? Le happy hour dure…toute la journée. Tous les jours.
Happy hour, happy day ou happy life.
Je suis un homme et, naturellement, ma vigilance s’émousse au contact de créatures de rêve (comme en sont pourvues de nombreuses agences de voyage).
La fatigue l’endort également.
C’est comme ça que mon pote et moi, tous les deux (donc deux fois plus vigilants), après avoir dument demandé moult photos et précisions concernant le bus qui nous emmènerait de Hanoi à Saigon en quatre étapes (prés de 50h sur des routes rocailleuses), on n’a pas bronché quand, à notre retour de la baie d’Halong, on a lu le mot laissé par la délicieuse hôtesse de l’agence expliquant que notre bus était plein mais qu’elle avait réservé avec une autre compagnie, que “don’t worry, same quality”.
On est monté a bord de ce bus miteux.
Évidemment, aucun remboursement de la différence, parce que l’hôtesse “n’avait pas vérifié le prix, devenu plus important en raison du la hausse du prix de l’essence (Note de moi : pourtant à la baisse ces dernières semaines) avant de réserver pour nous”, mais d.ieu merci, elle allait “prendre la perte pour elle”.
La cerise sur le gâteau ? Quand l’hôtesse nous a appelé pour nous demander si tout allait bien, de peur qu’on fasse marche arrière et demande remboursement, on a répondu par l’affirmative et l’a remercié.
Je ne suis pas un c******* !!!
Larzizou
4 Comments »
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T’es une pourriture. Les deux photos, ca va se payer. Surtout en dessous de “je ne suis…” Cher. Tres cher.
moi j’aime bien, le mec qui n’a pas peur de toucher la poiscaille, le mec détente au milieu du désert, elle est dingue d’ailleurs cette pix je suis tombé dessus par hasard…
Si c est ca ta reponse a la photo de Javiera, la belle rousse chilienne… Tu aurais taper plus fort, je vais pas t’epargner.
[...] Dernier déjeuner sur la plage. Anecdote sur les prix des bars de mer qu’on retrouve sur ce blog douteux, lapravda.com, cliquez ici. [...]