Mar
30
2009
14

Le Kuduro et Buraka Som Sistema

Le Kuduro est né en Angola en 1996. Influence de la musique populaire, des samples super crados bidouillés avec les moyens du bord, des raps furieux, le tout sur un gros beat booty. Depuis plus de 10 ans, c’est le son qui met le feu dans les ghettos de Luanda.

Et au même titre que le Baile Funk au Brésil, il y a la musique, et la danse qui va avec

Les portugais de Buraka Som Sistema sont au Kuduro ce que Bonde do Role ou Diplo sont au Baile Funk:  une belle ouverture à l’international. 
Ce son est issu de leur EP assez fameux sorti début 2008, “From Buraka to the World”.

Ce titre qui donnait le micro à des stars locales du Kuduro comme Puto Prata a propulsé le groupe. 

1,600,000 views sur Youtube pour un clip à 0€, c’est bien mérité et ca fait plaisir. L’effet “featuring M.I.A.” n’y est pas pour rien j’imagine.

Depuis ils sont vraiment sorti de l’ombre: Un album, Black Diamond à écouter sur leur Myspace, et après le Sonar l’année dernière, ils sont sur le line-up du Coachella de cette année. Tout va bien pour eux.

Ma seule déception, c’est que ce groupe n’ait pas provoqué l’effet de levier sur le style musical dont ils s’inspirent: le Kuduro n’a jamais réellement percé en France.
Même combat pour le Baile Funk et Bande Do Role. Quand je pense à ce remix immonde du rap das armas de Cidinho & Doca qui pollue les ondes en ce moment..

La faute à personne: il n’ y pas de distribution, les DJ qui jouent ces styles de musique sont finalement assez rares, et franchement il faut vraiment avoir du temps et de la motivation pour trouver les prods sympas par soi-même. Le fait qu’il y ait une si forte culture associée doit aussi freiner la propagation de ces machines à danser. Dommage.

La presse spé s’y intéresse quand même, une bonne interview de Frederic Galliano (un des seuls francais à vraiment s’être investi dans le Kuduro) dans Tsugi ici

Si tu veux te plonger dans l’ambiance des raps sur beats violents du Kuduro et dans la culture qui tourne autour, il y a ce site qui propose des podcasts dans tous les sens, straight from Luanda, Angola.
Un petit clip de là- bas pour finir en beauté..

Et tiens, une mixtape de Kuduro qui tombe illico sur ton disque dur en cliquant ici.

Mar
26
2009
9

La poésie d’un plan cul gay en extérieur à Paris

“Quand je passe par là-bas tard le soir, sur mon téléphone le numéro Police-Secours est déjà en fond d’écran. je n’ai qu’à appuyer sur la touche verte en cas de problèmes.”

Là-bas, c’est les fameux labyrinthes de bosquets des jardins des Tuileries, du coté de la Pyramide du Louvre.

Très facile à ignorer, on peut passer devant indéfiniment, l’oeil hagard, sans se douter de rien. Et pourtant.

Petit briefing.

Au 18ème siècle, les jardins des Tuileries sont un haut lieu de la drague et de la prostitution homosexuelle. Aujourd’hui, c’est resté un spot de drague gay très actif à Paris. Sauf que pour le lyrisme des flirts furtifs et les parades en tenues affriolantes, il faudra repasser.

Toute l’action se concentre maintenant dans ces deux labyrinthes :

Curieux, je suis allé faire un tour en journée. A midi, il y a déjà des mecs qui tournent. Les buissons sont défonsés à force de servir d’abri à baise, mais ca reste encore “bon enfant”.
La où les choses se corsent vraiment, c’est dans les souterrains, dont les entrées sont presque invisibles de l’extérieur. Il y en a 10 en tout. Il faut vraiment descendre pour comprendre.. Obscur à souhait, sol recouvert de capotes usagées, c’est assez sordide. J’imagine l’ambiance la nuit.
En remontant, à quelques pas, sourire béat, les touristes s’émerveillent de la beauté du patrimoine de Paris. What the fuck.

A la fois caché mais sous le regard de tous, l’endroit prend vraiment vie après le coucher de soleil. Ca besogne dans l’ombre, sans fioritures. C’est aussi la que des bandes de cailleras viennent chercher un exutoire à leur homophobie, voler quelques portables, mais aussi se faire sucer à l’occasion. Des meurtres, il y en a eu apparemment.

“Une fois je suis tombé sur un keuf qui m’a raconté que c’était pas la première fois qu’ils ramassaient le corps poignardé et abandonné d’un gars au fond de ce fameux coin d’où je sors ma photo.”

Pour le contexte historique, la localisation incroyable en plein épicentre culturel et touristique, pour la dureté, le coté malsain et anxiogène qui s’en dégage, ce club gratuit en plein air à la configuration assez unique méritait bien un post.

Afin de mieux visualiser, une très belle série par mon ami TheHooligan, qui se trouve être l’habitué des lieux qui m’a introduit à ce charmant concept d’activité nocturne gay.

A travers ses photos, imprègne-toi un peu de l’atmosphère avant que la nuit tombe. Tout y est : la candeur du site au coucher de soleil. Le voyeurisme des pompiers surplombant la scène. L’arrivée sur le spot marqué A21. Les allées. La surveillance des équipes de sécurité. Les rôdeurs bien sûr. Les nids douillets dans l’intimité des buissons. Puis l’entrée des souterrains, pour finir sur une descente toute en douceur dans la réalité des sous-sols.

En douceur, car la série a été prise au téléobjectif, donc pas de plans larges et obscènes.
Si tu veux la version hardcore, la vérité brute, il faudra passer.
N’aie pas peur, fais pas ton pédé.

Mar
23
2009
4

Les Billboards de Branislav Kropilak

Une contre-plongée majuscule pour dévoiler l’esthétique cachée des panneaux publicitaires. Intelligent. Ce slovaque a du talent.

Sur son site, les séries d’atterrissages d’avion ou de paysages industriels sont très réussies.

PS: Je ne me suis pas transformé en Fubiz pendant la nuit, tout va bien, merci.

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