Comité invisible – L’insurrection qui vient
Tous les “ça va ?” qui s’échangent en une journée font songer à autant de prises de température que s’administrent les uns aux autres une société de patients. La sociabilité est maintenant faite de mille petites niches, de mille petits refuges où l’on se tient chaud. Où c’est toujours mieux que le grand froid dehors. Où tout est faux, car tout n’est que prétexte à se réchauffer. Où rien ne peut advenir parce que l’on y est sourdement occupé à grelotter ensemble.
Je te propose d’entamer la lecture de cet ouvrage dans le métro, en rentrant d’une journée comme une autre au travail. Le contexte, l’environnement est important pour apprécier au mieux le contenu.
L’idéologie défendue comme le mode d’emploi de l’insurrection ponctuant le livre sont finalement presque annexes, étouffés par l’efficacité du constat, propre, précis et incroyablement dur qui est asséné dans la première partie (la plus conséquente par ailleurs).
Chacun en prend pour son grade, il y a nécessairement un passage qui t’est dédicacé, quel que soit tes origines, ton horizon politique, ta classe sociale, ton mouvement, ta tribu. Et c’est le tour de force de l’essai : en une centaine de pages, cette analyse tellement juste et implacable dissèque la société contemporaine et les rapports humains. La névrose urbaine, le mal-être.. tout y passe. C’est traité avec finesse, bien écrit, les auteurs placent habilement leurs petites cartes “culture” sur la table, ce qui permet de sortir du cliché que l’on peut facilement se faire du discours anarchiste /autonomiste.
Un joli cadeau pour un responsable marketing Procter&Gamble, un militant gauchiste, un biobobo, ou quiconque ne s’étant jamais remis en question.
La version PDF est notamment disponible ici.
PS : Paru il y a bientôt 3 ans, ce constat n’a pas pris une ride. Si bien que les éditions du MIT s’en sont discrètement pressé une version anglophone en août dernier, à bon entendeur.






Le rap francais a bien marqué mon adolescence, et ça faisait pas mal de temps que je voulais rendre un petit hommage aux artistes qui ont contribué à cette “grande époque”.








