Sep
20
2008
2

Levi’s se paye Hirst et les Beaux Arts

Jeudi dernier, Levi’s présentait sa nouvelle collection. OK, cool…

Oui, mais c’est une collaboration avec….Damien Hirst!

Le bonhomme a une actualité déjà assez incroyable qui n’a pas pu t’echapper (il vient de faire la nique à tous les galeristes du monde en vendant une grand partie de son travail directement chez Sotheby’s pour 140 millions d’euros).

Levi’s, non content de se payer l’artiste, s’offrait aussi les Beaux-Arts comme salle d’evenementiel.

Caution arty? quête desespérée du bon goût? artist mania?

Tout ce que tu voudras, je trouve ça tout de même de très bon ton.

Forcément, la marque nous ressort sa petite frise chronologique rétrospective.

Des débuts à la ferme pour arriver au sommet en 2008 où “on se paye l’artiste le plus cher au monde”.

Joli parcours, jolie performance pour 501, on ne peux pas le nier.

“Art you can wear” sont les propos de Hirst pour définir cette collaboration.

Démarche Warholienne qui me plait bien, même si je ne suis pas convaincu du bon goût de la chose.

On continue avec ce petit happening plutôt sympathique (avis très mitigés).

“Playboy Levi’s” sort de sa boite, mini storytelling entre le plein de soupe et 2B3.

Pour finir tout ca au nettoyage.

Je suis bon client sur ce genre d’histoire; je trouve ca original.

En fait, tout ce qui peux éloigner une soirée evenementielle de la platitude et de l’ordinaire qui lui est propre me fait plaisir.

Karla Otto est trés performant à ce sujet.

Notre petite troupe de crevards parisiens d’invités est ainsi rarement décue.


Sinon, dans la vraie vie, la collaboration entre mister Hirst et Levi’s ressemble à ça.

Chez nous, c’est vendu bien sûr dans le magasin aux jolies vitrines du 213 rue St Honoré, sinon chez Barney’s et autres Fred Segal du coté de NY.

Distribution ultra selective donc: “art you can wear”, mais pas trop quand même.

C’est la ou je ne saisis pas trop; pourquoi Levi’s…et pas une marque plus “intimiste”.

A.P.C. ou Comme Des Garcons auraient bien mieux fait l’affaire à mon sens…

Maintenant je crois que camarade Hirst nous a assez bien fait passer le message, il n’est pas venu sur Terre pour faire du bénévolat avec son Art.

Et il n’a pas tord. Il doit en dormir comme un bébé la nuit.

Sep
16
2008
1

Les nouveaux riches débarquent

Ca se confirme, la baisse du dollar entraine une nouvelle forme de tourisme à New York.

La classe moyenne de Madrid, Paris où Hambourg vient dorénavant s’offrir le style de vie new-yorkais.

Le pouvoir d’achat en berne, les tickets restos, l’essence trop chère…

8h d’avion plus tard, c’est diner au Suba puis coktail à Thor avant de se finir en bottle service au Marquee.

Témoignages via le New York Times:

Negin Farsad, réalisatrice new-yorkaise, escorte dorénavant ses amis européens en visite dans leurs “Europeans-clean-out-the-Apple-store shopping excursions”.

A Bergdorf (department-store de luxe midtown),  Polly Blitzer, ancienne éditrice de magazine beauté chaussée de Jimmy Choo se plaint d’avoir attendu qu’un jeune couple d’européens en short/baskets ai fini ses emplettes pour être considérée…

“It’s Psych 101-jealousy” selon Randi Ungar, 30 ans, manager en publicité online qui aimerait aussi pouvoir se lâcher en Prada à Milan.

Le manager du restaurant Southern Hospitality (Ayala, Justin Timberlake) dans l’Upper East Side nous parle de clients européens prenant 3 entrées juste pour gouter, sans même les terminer…

Le marasme économique américain contribue aussi à ce sentiment d’aigreur.
Même les new-yorkais les plus cosmopolites rejettent ce phénomène et parlent de territorialisme, voyant les touristes traiter leur ville tel un “Wal-Mart du hip”.

Perturbation d’une mécanique new-yorkaise bien huilée avec cette nouvelle tendance européenne de “voyage shopping” générant transgression des codes, débarquement des employés de bureaux “bien de chez nous” dans les lieux huppés, tout ça sur fond de récession américaine. Ça promet.

A quand les premiers changements de stratégie chez les marques du coté de Manhattan?

On commence par une entrée “European VIP” au Apple Store?!

Aug
25
2008
2

L’escalade

Depuis quelques années, intrigante escalade architecturale vers le saint Green:

Le Mur Végétal de Patrick Blanc (pour le quai Branly notamment), puis l’immeuble qui pousse d’ Edouard Francois…

Et maintenant, ouverture le 25 Septembre de l’Academie de Sciences de Californie à San Francisco.

Après 4 ans de travaux et surtout un investissement de 500M $, on obtient ce bâtiment qui sera surement certifié LEED Platinium (la plus haute reconnaissance en terme de préservation de l’environnement).

Le plus surprenant est le toit organique constitué de plantes, avec isolateur thermique, absorption de l’eau de pluie, panneaux solaires optimisés par ordinateur et lucarnes orientées pour permettre le développement des différents organismes à l’intérieur du musée.

C’est quoi la prochaine étape?

Aug
16
2008
1

Le gout des autres

Quand Rize de LaChapelle est sorti, tout le monde s’est extasié sur le Krump et ses danseurs déguisés en clown.

Quand la Tecktonik (qui n’est rien d’autre que du popping remodelé) a envahi Paris, le phénomène a été hué et tourné en dérision.

Pour une fois que Paris pondait une subculture un peu originale.

Si LaChapelle avait décidé de tourner son film au Metropolis à la grande époque, en théâtralisant et sublimant les tecktonik killer, je ne suis pas sur du tout qu’il y aurait eu le même rejet.

Et cette petite démo de Melbshuffle (Melbourne Shuffle, qui contrairement aux idées reçues existait bien avant la tecktonik), qu’en dira t-on ?

Ça vient donc d’Australie et je trouve ça pas mal du tout.

Monte le son pour bien te mettre dans la sauce.

Written by LA PRAVDA in: Scan urbain | Tags: , , , , , , , ,
Jul
13
2008
0

Le dégradé

Le dégradé est porté par n’importe quel bledard, Barack Obama, les stups, Kris Van Assche, les hooligans, les beaufs, moi, les pompiers, Will Smith, les videurs, les gay du Marais, les feuj, les rebeus, les babtou, Thom Browne, les renoi, les GI Joe, Hedi Slimane et les douaniers.

Regarde bien au guichet de la Poste, dans le prochain Vogue ou dans le métro demain matin.

En Argentine, en Inde, au Maroc ou en Thaïlande, le dégradé est universel, il brise les frontières, les cultures, les communautés.

A Rio, Moscou ou Sydney, tu peux trouver ton coiffeur pour homme à l’atmosphère si unique.

Tu arrives, tu t’assoies sur le banc et tu attends en évaluant la dextérité de l’homme-tondeuse.

Les clients te disent bonjour, au revoir. Certains habitués viennent se faire rafraichir chaque semaine.

Tout le vice est la: la coupe est bon marché et les cheveux repoussent vite.

A Paris, pléthore d’adresses à tester. Un bon point névralgique pour commencer serait le 89 rue du Faubourg St Denis, au niveau du Monoprix.

Si tu es en vacances, pas d’excuses, ça marche anywhere. Ici à La Paz, en Bolivie:

 

Ou une variante exotique que tu peux demander à Pushkar, en Inde.

Written by LA PRAVDA in: Scan urbain | Tags: , , , , , ,
Dec
03
2006
0

Air Force One

Quand j’ai ouvert la boite de mes dernières Air Force One Premium,  mon œil a buté sur ça.

Le sens du détail, toujours.

Ils nous chouchoutent chez Nike.

 

Maintenant, 5:12 minutes de placement produit par Nelly pour se relobotomiser calmement.

Ça y est, c’est déja oublié.

Written by LA PRAVDA in: Scan urbain | Tags: , , , , ,
Nov
10
2006
3

La petite histoire d’un Bearbrick 1000% Chanel

Ceci n’est pas un procès des toys. 

Cette enchère Ebay a été remportée pour 1200€ (véridique) par une jeune femme d’une vingtaine d’année.

J’aimerai savoir si elle l’a mis dans sa chambre ou dans le salon.

Ici, on appelle ça un Bearbrick 1000% Chanel x Medicom, édition limitée à 2000 exemplaires. Un nom de code pour “gros bout de plastique moulé”.

On nous fait avaler n’importe quoi? Non, chacun ses passions, pas de problème la dessus.

Ce qui me gêne, c’est que l’heureuse acheteuse ait du bruler toutes ses économies pour s’offrir ce Playmobil géant.

C’est triste, car il ne lui évoquera jamais sa tendre enfance, et dans 20 ans, quand la mode sera passée, le petit ourson reprendra sa valeur originale, celle d’un moule de 1,5 kg de plastique. Encore une autre proie séquestrée par la hypebeast, exécutée à la guillotine.

Medicom (la firme japonaise qui produit les Bearbrick) est pourtant une marque finalement assez saine, revendiquant des jouets destinés à la collection, pour adultes.

Alors quel est le secret, comment expliquer ce cynisme de l’échelle des valeurs?

Pas de recette magique. L’objet passe simplement par le prisme vertueux de la hype. Du travail de pro, orchestré par des trend-setters qui opèrent au laser, le tout alimenté en flux tendu par les victimes elles mêmes, qui se repaissent inlassablement de leur propre sang.

Mais tout ceci n’est qu’un jeu, ne l’oublions pas.

Related Posts with Thumbnails
Written by LA PRAVDA in: Scan urbain | Tags: , , , , , ,

Copyright © 2009 LA PRAVDA