Jul
05
2011
1

Manuel Obadia-Wills Diary

Une de mes préférées. L’impact, le reflet, la trouvaille, c’est beau.

Toujours un plaisir de venir voir la pêche du jour sur le journal de bord de mon pote Manu. Pris sur le vif, imprévisible, authentique, c’est sa vie de tous les jours, bien calibrée en noir et blanc. Instants volés sur le trottoir, scènes dans le métro, rencontres inattendues, on ne s’ennuie pas. Les petites claques bien crues et cyniques de  la misère made in Paris côtoient le regard d’une charmante ou le faciès de curieux personnages. C’est jamais malveillant, il y a de la poésie et l’enfance n’est pas si loin. Il se balade, malicieux, et il relève ce qu’il faut au bon moment. On se surprend à remonter les mois, à suivre ses pas, et à revenir sur ce calendrier de la rue qui a bien des histoires à raconter.

De quoi faire une belle expo.

Son diary manuelobadiawillsdiary.com et son site pro manuelobadiawills.com

Jul
24
2010
5

Le turfing par Yak Films

Ils font du bon boulot chez Yak Films. L’équipe (le français Yoram Savion et l’américain Kash Gaines) est basée à Oakland, berceau du turfing, danse de rue californienne. On en retrouve donc pas mal dans leurs vidéos (avec le crew de danseurs Turf Feinz notamment). C’est élégant, original, et le style se pose là.

Voici quelques extraits choisis qui représentent bien leur travail :

Le clip du duo panaméen Los Rakas pour “Soy Raka”

Un noir et blanc très classe tourné dans les rues d’Oakland

Toujours à Oakland, mais sous la pluie et en couleur

Turfing mais pas que, avec cette performance dans le métro parisien (encore du dubstep dessus : Chase and Status – Eastern Jam)

Et une petite dernière pour la route

Written by LA PRAVDA in: Surveillance artistique | Tags: , , ,
Nov
28
2009
2

Le royaume des animaux de ROA

ROA street artROA doit être monomaniaque. J’ai parcouru le site de ce belge du début à la fin:  des rats (beaucoup), toutes sortes d’oiseaux, des lapins, et bien d’autres surprises intriguantes… Une imagination qui ne tarit pas, mais uniquement des animaux. Inlassablement. L’intégration aux supports utilisés est assez étonnante:  Ses peintures démesurées se fondent aussi bien dans la rue au milieu de graffitis que dans des maisons ou hangars désaffectés qu’il fait vivre avec sa collection surprenante.

Un style vraiment original, parfois un peu morbide et noir, mais toujours avec ce coup de crayon séduisant et facilement reconnaissable.

ROA exposera en février à la galerie Itinerrance (dont Mehdi, le patron, est un vrai passionné d’arts de rue, bien en marge de l’opportunisme caractérisé de certains galeristes parisiens).

Ci -dessous une petite sélection issue du groupe Flickr dédié à ROA, qui regorge d’images qu’on ne retrouve pas sur le site de l’artiste.

Nov
01
2009
4

Olivier Metzger – Nightshot

Je suis tombé sur cette photo d’Olivier Metzger à la Slick, elle m’a fait son petit effet.

Olivier Metzger nightshot photographe (10)

Elle est issue d’une série de nuit tout à fait réussie. La section “personal” sur son site est aussi à checker.

Je pense que ça vaut le coup de passer les voir accrochées à la galerie Bertrand Grimont, vernissage le 14 novembre.

Oct
05
2009
5

Rocca, Tres Coronas y La Vida Loca

Dès les premières minutes de La Vida Loca, on a la bonne surprise de reconnaître la voix de Rocca. Quelle heureuse idée a eu Christian Poveda de collaborer avec cet artiste pour la BO de son documentaire. Le résultat sonne vrai et juste.

tres coronas rocca

Petit rappel: Il y a presque dix ans Rocca (La Cliqua) a eu l’intelligence de quitter la France pour New York où il a monté le projet Tres Coronas avec PNO, un autre colombien. Pensé dans le Queens, avec des rimes en espagnol pour un public latino. Un seul album sorti en 2005, Nuestra Cosa, qui m’avait beaucoup plu.

Le groupe marche très bien en Amérique latine. La force de la culture latino, c’est un produit exportable des quartiers porto-ricains de Brooklyn jusqu’au fin fond des Andes en passant par Mexico. On trouve des copies de Tres Coronas jusqu’aux étals des marchés de La Paz en Bolivie. Leur deuxième album “La musica es mi arma” devrait d’ailleurs bientôt arriver, update sur leur Myspace..

Pour habiller La Vida Loca, Rocca a utilisé “Mi tumbao”, une chanson issue de Nuestra Cosa (basée sur un sample salsa de Willie Colon à écouter ici). Très réussi, le morceau revient plusieurs fois dans le documentaire:

Mais il a aussi conçu des titres spécialement pour la bande originale,  dont celui-ci, avec la participation de Yuri Buenaventura. (La vidéo est un montage de stills issus du documentaire)

Je te recommande par ailleurs les très belles photos prises par Poveda durant le tournage, accompagnées du titre “Bang Bang” toujours par Rocca, à voir en full screen ici.

Pour en revenir rapidement au documentaire lui-même, l’immersion de Poveda dans la vie courante de la Mara 18 est assez impressionnante et impose le respect. Les scènes de vie sont poignantes: anniversaire, départ pour la prison, drogue, le tout rythmé par les enterrements à répétition en plan rapproché.. Une réalité crue qui compense son défaut, le manque d’information: l’apport en connaissance n’est pas le point fort de La Vida Loca.
Même si les scènes chez le juge, le suivi de l’ONG locale ou plus simplement les larmes d’une gamine de 18 ans tatouée au visage donnant le sein à son fils en disent long sur la situation et la détresse de ces gangs au Salvador, on en apprend finalement peu sur le fonctionnement et l’organisation des Maras.

La Vida Loca reste un documentaire à voir pour l’émotion qui s’en dégage, comme un témoignage donc, en se rappelant que Christian Poveda y a laissé sa vie.

Jul
19
2009
7

Dash Snow: Graffiti, drogue et polaroid 1981-2009

dash-snow-par-ari-marcopoulos-499x364Etre issu d’une bonne famille. S’écarter du droit chemin. S’installer dans le Lower East Side et prendre de la came en masse.
Ignorer les détracteurs qui ne supportent pas qu’un fils de bourge s’encanaille. Trainer dans les rues, voler, piller. Participer à la création du Irak Crew (I rack pour ” je péta”) alors que grand-maman titille le classement Forbes.
Prendre des photos de ses soirées de déprave juste pour se rappeler le lendemain où on était la veille.
Avoir des potes qui s’appelent Ryan McGinley ou Dan Colen et être reconnu comme un des plus gros graffeurs vandal sur New York. Exposer chez Deitch ou Saatchi.

Conclure sur une overdose d’héroïne à 27 ans. Le prix à payer pour ce mode de vie Downtown 81. Pas le temps pour les regrets.

Qu’on conteste son talent ou le personnage, il faut reconnaitre que Dash Snow aura eu un authentique lifestyle de salaud, jusqu’au bout. Underground. Ce lifestyle qu’il a consciemment ou pas esthétisé donne à mon sens une forte valeur ajoutée au produit final. On a presque envie de tenter un rapprochement hasardeux avec Basquiat. J’imagine que ce sera suffisant pour l’ériger en icône de la Bowery School.. et bien sûr faire salement grimper sa côte.


Plus de Dash Snow (polaroid, installations et collages) à voir ici, un article très complet du NY Mag ici, McGinley parle de son ami avec de belles photos perso ici, et enfin une vidéo de ses grafitti sous son blaze Sace ici.
sace-graffiti-dash-snow

Jun
04
2009
2

Sous le charme de Bat For Lashes

bat-for-lashesElle chante bien, la vulgarité semble ne l’avoir jamais effleurée, et en plus elle est cute. Difficile de ne pas tomber sous le charme de Bat for Lashes.

Natasha Khan a 29 ans et diffuse depuis 2006 un son et un univers intriguant, le tout relevé par ce petit coté “look but do not touch” assez ravageur.

Sur scène ça ne s’arrange pas: elle joue plusieurs instruments, fait très bien vivre ses deux albums avec une petite scénographie bien pensée constituée d’objets à la touche mystérieuse.. et cette voix au caractère prononcé qui assoit avec élégance le bon goût qui parait la caractériser.
Ce soir la au Bataclan même le public était beau, cette sensation que tout ce qu’elle touche devient caramel. (Pour un report moins bisounours check ici)

Pour couronner le tout, elle a trouvé le moyen de se faire superbement clipper en 2007 par Dougal Wilson, dont le rendu des bmx dans la forêt est incroyable, puis cette année par Johan Renck, à qui l’on doit notamment l’excellent “Pass this On” de The Knife.

Rien à rajouter, écoute, observe, apprécie. Je n’arrive pas à lui trouver de défauts.

May
06
2009
6

La scène Dubstep arrive à maturité

A part Skream, je n’y connaissais pas grand chose il y a un mois. Je sors tout juste d’une immersion totale. J’ai enchainé maxis, albums, DJ sets de tout un panel d’artistes, et je me suis pris une claque.

J’ai été conquis par ces nappes tonitruantes, la basse omniprésente, les bleeps, les ronflements frénétiques, la ryhtmique cassée et le caractère puissant, sombre et minimaliste de ce style musical aussi novateur qu’intègre. Sound of Violence.

L’évolution de la scène dubstep depuis son apparition en 2000 est intéressante: Alors qu’elle se cantonnait il n’y a pas si longtemps à son fief londonien, elle a récemment pris un vrai essor à l’international, avec notamment une présence au Sonar en 2007. La clique minimale allemande s’y frotte aussi (Villalobos, Ellen Allien en jouent/produisent), et aux Etats Unis c’est Lil Jon, épaulé par Diplo, qui va bientôt sortir une track inspirée dubstep alors que Snoop Dogg a déjà la sienne (qui est à mon avis un sacrilège tant son flow n’accroche pas avec le tempo ni l’esprit du genre).

Je pense que ces nouveaux ambassadeurs ont et vont donc beaucoup aider à populariser ce courant à forte identité qui mérite bien cette attention.

Si tu n’es pas familier avec le dubstep, tu peux te faire une idée avec ce killer Essential Mix que Rusko a récemment pondu pour Radio 1.

Si ca te plait, tu peux commencer à dévaliser en masse.. Une base solide des valeurs sures du genre: Benga, Coki, Skream, Distance, Hatcha, Kromestar, Mala, The Others, Loefah, Rusko, N-Type, Caspa..

Et en France?

Alors que sur leurs Myspace le booking UK des artistes dubstep est plus que fourni, Paris ne revient pas assez souvent à mon sens. Le tapage médiatique autour de Burial (que je trouve assez fade, et qui ne représente qu’une facette particulière du dubstep) a du calmer un peu les foules. [Edit:  je n'avais pas écouté son deuxième album qui s'avère être une bonne surprise.]

PS: On est super gatés cette semaine, Skream sera jeudi au Social Club, et Benga met le couvert samedi à la Maroquinerie. Les deux sont de grosses pointures que je te recommande. J’ai pris mes tickets.

Apr
29
2009
4

The Wackness: NYC, Giuliani, and Notorious B.I.G.

The Wackness est un film que tu n’es pas allé voir quand il est sorti au cinéma en septembre 2008.

Une affiche pas attrayante, des critiques pro pas très enthousiastes, et même en cherchant bien je n’arrive pas à trouver d’images sexy, donc voici le trailer pour illustrer ce post:


Cette sélection Sundance vaut pourtant le coup d’oeil, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord l’exploitation parfaite d’un contexte fort: New York en 1994. L’atmosphère de la ville et de l’époque sont vraiment bien restitués. Parenthèse obligatoire sur la BO bien sûr: très réussie, reprenant fidèlement ce qui tournait cette année la, on se retrouve baigné dans une grosse sélection East Coast qui donne le ton et une vraie identité au film.

L’écriture ensuite. Elle est très personelle, on sent le vécu dans cet été chaud où évolue Luke, jeune diplomé qui deale de la weed, galère avec les filles tout en prenant conscience de sa vie déjà ratée. La narration de cette tranche de vie d’un ado un peu paumé est touchante, authentique, et on s’y retrouve forcément un peu: Les mixtape K7 dans le walkman, les joints, les premiers amours, les parents sur le dos: nostalgie.

Enfin, la crise existentielle liant les personnages et le message qui en découle sont amenés avec subtilité: statut social, sens de la vie sont abordés intelligemment, ce qui donne du corps à ce qui aurait pu être un teenager movie.

Efficace, frais et sans prétention, The Wackness vit donc grâce à la sensibilité et à la personnalité de son jeune réalisateur Jonathan Levine, qui s’avère aussi être l’auteur de ce scénario très humain. 

A voir.

PS: Pour la version DVD qui sort en mai, The Wackness a été rebaptisé “La Loose“. Il faut leur jeter des pierres aux mecs du marketing ou ca se passe comment?

Mar
30
2009
14

Le Kuduro et Buraka Som Sistema

Le Kuduro est né en Angola en 1996. Influence de la musique populaire, des samples super crados bidouillés avec les moyens du bord, des raps furieux, le tout sur un gros beat booty. Depuis plus de 10 ans, c’est le son qui met le feu dans les ghettos de Luanda.

Et au même titre que le Baile Funk au Brésil, il y a la musique, et la danse qui va avec

Les portugais de Buraka Som Sistema sont au Kuduro ce que Bonde do Role ou Diplo sont au Baile Funk:  une belle ouverture à l’international. 
Ce son est issu de leur EP assez fameux sorti début 2008, “From Buraka to the World”.

Ce titre qui donnait le micro à des stars locales du Kuduro comme Puto Prata a propulsé le groupe. 

1,600,000 views sur Youtube pour un clip à 0€, c’est bien mérité et ca fait plaisir. L’effet “featuring M.I.A.” n’y est pas pour rien j’imagine.

Depuis ils sont vraiment sorti de l’ombre: Un album, Black Diamond à écouter sur leur Myspace, et après le Sonar l’année dernière, ils sont sur le line-up du Coachella de cette année. Tout va bien pour eux.

Ma seule déception, c’est que ce groupe n’ait pas provoqué l’effet de levier sur le style musical dont ils s’inspirent: le Kuduro n’a jamais réellement percé en France.
Même combat pour le Baile Funk et Bande Do Role. Quand je pense à ce remix immonde du rap das armas de Cidinho & Doca qui pollue les ondes en ce moment..

La faute à personne: il n’ y pas de distribution, les DJ qui jouent ces styles de musique sont finalement assez rares, et franchement il faut vraiment avoir du temps et de la motivation pour trouver les prods sympas par soi-même. Le fait qu’il y ait une si forte culture associée doit aussi freiner la propagation de ces machines à danser. Dommage.

La presse spé s’y intéresse quand même, une bonne interview de Frederic Galliano (un des seuls francais à vraiment s’être investi dans le Kuduro) dans Tsugi ici

Si tu veux te plonger dans l’ambiance des raps sur beats violents du Kuduro et dans la culture qui tourne autour, il y a ce site qui propose des podcasts dans tous les sens, straight from Luanda, Angola.
Un petit clip de là- bas pour finir en beauté..

Et tiens, une mixtape de Kuduro qui tombe illico sur ton disque dur en cliquant ici.

Related Posts with Thumbnails

Copyright © 2009 LA PRAVDA