Jan
10
2010
4

Comité invisible – L’insurrection qui vient

Nous sommes
devenus les représentants de nous-mêmes – cet
étrange commerce, les garants d’une personnalisation
qui a tout l’air, à la fin, d’une amputation.

Livre Comité invisible l'insurrection qui vientTous les “ça va ?” qui s’échangent en une journée font songer à autant de prises de température que s’administrent les uns aux autres une société de patients. La sociabilité est maintenant faite de mille petites niches, de mille petits refuges où l’on se tient chaud. Où c’est toujours mieux que le grand froid dehors. Où tout est faux, car tout n’est que prétexte à se réchauffer. Où rien ne peut advenir parce que l’on y est sourdement occupé à grelotter ensemble.

Je te propose d’entamer la lecture de cet ouvrage dans le métro, en rentrant d’une journée comme une autre au travail. Le contexte, l’environnement est important pour apprécier au mieux le contenu.

L’idéologie défendue comme le mode d’emploi de l’insurrection ponctuant le livre sont finalement presque annexes, étouffés par l’efficacité du constat, propre, précis et incroyablement dur qui est asséné dans la première partie (la plus conséquente par ailleurs).

Chacun en prend pour son grade, il y a nécessairement un passage qui t’est dédicacé, quel que soit tes origines, ton horizon politique, ta classe sociale, ton mouvement, ta tribu. Et c’est le tour de force de l’essai : en une centaine de pages, cette analyse tellement juste et implacable dissèque la société contemporaine et les rapports humains. La névrose urbaine, le mal-être.. tout y passe. C’est traité avec finesse, bien écrit, les auteurs placent habilement leurs petites cartes “culture” sur la table, ce qui permet de sortir du cliché que l’on peut facilement se faire du discours anarchiste /autonomiste.

Un joli cadeau pour un responsable marketing Procter&Gamble, un militant gauchiste, un biobobo, ou quiconque ne s’étant jamais remis en question.

La version PDF est notamment disponible ici.

PS : Paru il y a bientôt 3 ans, ce constat n’a pas pris une ride. Si bien que les éditions du MIT s’en sont discrètement pressé une version anglophone en août dernier, à bon entendeur.

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Oct
05
2009
5

Rocca, Tres Coronas y La Vida Loca

Dès les premières minutes de La Vida Loca, on a la bonne surprise de reconnaître la voix de Rocca. Quelle heureuse idée a eu Christian Poveda de collaborer avec cet artiste pour la BO de son documentaire. Le résultat sonne vrai et juste.

tres coronas rocca

Petit rappel: Il y a presque dix ans Rocca (La Cliqua) a eu l’intelligence de quitter la France pour New York où il a monté le projet Tres Coronas avec PNO, un autre colombien. Pensé dans le Queens, avec des rimes en espagnol pour un public latino. Un seul album sorti en 2005, Nuestra Cosa, qui m’avait beaucoup plu.

Le groupe marche très bien en Amérique latine. La force de la culture latino, c’est un produit exportable des quartiers porto-ricains de Brooklyn jusqu’au fin fond des Andes en passant par Mexico. On trouve des copies de Tres Coronas jusqu’aux étals des marchés de La Paz en Bolivie. Leur deuxième album “La musica es mi arma” devrait d’ailleurs bientôt arriver, update sur leur Myspace..

Pour habiller La Vida Loca, Rocca a utilisé “Mi tumbao”, une chanson issue de Nuestra Cosa (basée sur un sample salsa de Willie Colon à écouter ici). Très réussi, le morceau revient plusieurs fois dans le documentaire:

Mais il a aussi conçu des titres spécialement pour la bande originale,  dont celui-ci, avec la participation de Yuri Buenaventura. (La vidéo est un montage de stills issus du documentaire)

Je te recommande par ailleurs les très belles photos prises par Poveda durant le tournage, accompagnées du titre “Bang Bang” toujours par Rocca, à voir en full screen ici.

Pour en revenir rapidement au documentaire lui-même, l’immersion de Poveda dans la vie courante de la Mara 18 est assez impressionnante et impose le respect. Les scènes de vie sont poignantes: anniversaire, départ pour la prison, drogue, le tout rythmé par les enterrements à répétition en plan rapproché.. Une réalité crue qui compense son défaut, le manque d’information: l’apport en connaissance n’est pas le point fort de La Vida Loca.
Même si les scènes chez le juge, le suivi de l’ONG locale ou plus simplement les larmes d’une gamine de 18 ans tatouée au visage donnant le sein à son fils en disent long sur la situation et la détresse de ces gangs au Salvador, on en apprend finalement peu sur le fonctionnement et l’organisation des Maras.

La Vida Loca reste un documentaire à voir pour l’émotion qui s’en dégage, comme un témoignage donc, en se rappelant que Christian Poveda y a laissé sa vie.

Aug
24
2009
2

Céline – Voyage au bout de la nuit

C’est ballot de recommander un classique de littérature ici hein?

Pas du tout. La génération Y (digital native) ne lit plus. Une fois le sport et les sorties évacués, ADSL régit le reste de notre temps libre. Ces quatre lettres tu le sais mènent alors la danse à grands coups de mails, réseaux sociaux, blogs, sites, téléchargement de musique, de films ou de séries, grignotant les minutes que l’on dédicacerait à se plonger dans un bouquin.

La lecture représente aujourd’hui pour beaucoup un investissement en temps assez décourageant que l’on réserve au mieux pour ses vacances. La sélection en devient d’autant plus essentielle: Pas le droit à l’erreur, priorité donc au sum.

D’où la justification de ce post. Je propose ce chef-d’oeuvre pour motiver ceux qui comme moi étaient bêtement passé à côté de cette valeur sure.
Voyage au bout de la nuit est un bijou, nihiliste et cinglant à souhait. Articulé autour d’un périple passant par la banlieue parisienne, l’Afrique coloniale et les Etats-Unis, la bassesse et le vice des hommes y sont décortiqués avec une dextérité incroyable. Je crois que la plume jouissive de Céline passe au crible à peu près tous les travers de l’être humain. Autant te dire que je l’ai savouré comme il se doit, sourire malicieux au coin de la bouche. Indispensable et jubilatoire. Si tu l’as déjà lu, on se comprend, sinon tu me remercieras plus tard.

Ce roman est un vivier à citations, on pourrait quasiment le reconstituer d’extraits en extraits. Ci-dessous un superbe passage que j’ai pris un malin plaisir à recopier juste pour te mettre dans le bain.

voyage_au_bout_de_la_nuit Céline

Dans le cas où nous étions, un homme, un costaud, m’aurait fait peur, mais d’elle je n’avais rien à craindre. Elle était moins forte que moi, comme on dit. Depuis toujours l’envie me tenait de claquer une tête ainsi possédée par la colère pour voir comment qu’elles tournent les têtes en colère dans ces cas-là. Ça ou un beau chèque, c’est ce qu’il faut pour voir d’un seul coup virer d’un bond toutes les passions qui sont à louvoyer dans une tête. C’est beau comme une belle manoeuvre à la voile sur une mer agitée. Toute la personne s’incline dans un vent nouveau. Je voulais voir ça.
Depuis vingt ans au moins, il me poursuivait ce désir. Dans la rue, au café, partout où les gens plus ou moins agressifs, vétilleux et hâbleurs, se disputent. Mais je n’aurais jamais osé par peur des coups et surtout de la honte qui s’ensuit des coups. Mais l’occasion, là, pour une fois était magnifique.
” Vas-tu t’en aller? ” que je fis, rien que pour l’exciter encore un peu plus, la mettre à point.
Elle me reconnaissait plus, à lui parler comme ça. Elle s’est mise à sourire, horripilante au possible, comme si elle m’avait trouvé ridicule et bien négligeable… ” Flac ! Flac ! ” Je lui ai collé deux gifles à étourdir un âne.
Elle est allée s’aplatir sur le grand divan rose d’en face, contre le mur, la tête entre les mains. Elle soufflait à petits coups, et gémissait comme un petit chien trop battu. Et puis, elle a comme réfléchi et brusquement elle s’est relevée, toute légère, souple et elle a dépassé la porte sans même retourner la tête. J’avais rien vu. Tout était à recommencer.

Jun
08
2009
0

HOME, un monde parallèle [Post sponsorisé]

J’ai récemment reçu un mail du groupe de pression anti-consumériste PPR (Pour une Production Raisonnée). Apparemment assez influents, ils font du lobby sur plusieurs grandes marques telles que Conforama, Gucci Group, la Fnac, ou La Redoute. J’ai trouvé leur dernier projet très intéressant et j’ai donc choisi de vous en parler.

Ce groupe a décidé je cite “de mener une opération de prise de conscience de grande envergure en s’associant à trois monteurs vidéo connus dans le monde de l’écologie. Le concept est de créer une animation d’images de résultats de recherche Google maps autour de la requête “HOME, un monde parallèle”.
Ce projet ambitieux n’étant pas finalisé, PPR ne laisse circuler que cette capture d’écran, qui donne déjà un bon aperçu du rendu:

home-un-monde-parallele-z

Après cette phase dite  ”de teasing”, leur idée est de proposer au monde entier grâce au “buzz internet” un visionnage gratuit et intégral de ce film d’animation, qui comprendra par ailleurs des slides de sensibilisation fédérateurs sur les différents thèmes de l’écologie.

L’engouement autour de ce travail conceptuel sera une base permettant ensuite de proposer différents produits dérivés dont les bénéfices seront intégralement reversés à une association spécialement crée pour l’occasion: www.homeunmondeparallele.org

En exclusivité, ci-dessous une maquette d’un foulard “Google maps” reprenant un visuel du film que les bénévoles de PPR ont proposé à Alexander McQueen pour le convaincre de participer au projet.alexander-mcqueen-google-maps-scarf

Les activistes de Pour une Production Raisonnée ne s’arrêtent pas la: ils tablent déjà sur le futur effet de levier généré par l’impact du film pour asseoir leurs négociations avec la Redoute, qui laisserait entrevoir un possible accord visant à l’arrêt de la production de son catalogue papier. Selon eux, la Fnac de son coté se déclarerait prête à jouer le jeu en ralentissant l’importation de produits de haute technologie. Plusieurs enseignes de Gucci Group seraient par ailleurs résolues à utiliser exclusivement l’énergie solaire dans leurs ateliers avant 2012.

Voila, je ne sais pas si ce projet aboutira, mais ce serait une belle avancée pour l’humanité, donc je le relaie, car comme je l’entends souvent: “c’est mieux que de ne rien faire”.

N’hésitez donc pas à envoyer vos messages de soutien et à vous inscrire pour le reveal du film sur leur site www.homeunmondeparallele.org

Apr
29
2009
4

The Wackness: NYC, Giuliani, and Notorious B.I.G.

The Wackness est un film que tu n’es pas allé voir quand il est sorti au cinéma en septembre 2008.

Une affiche pas attrayante, des critiques pro pas très enthousiastes, et même en cherchant bien je n’arrive pas à trouver d’images sexy, donc voici le trailer pour illustrer ce post:


Cette sélection Sundance vaut pourtant le coup d’oeil, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord l’exploitation parfaite d’un contexte fort: New York en 1994. L’atmosphère de la ville et de l’époque sont vraiment bien restitués. Parenthèse obligatoire sur la BO bien sûr: très réussie, reprenant fidèlement ce qui tournait cette année la, on se retrouve baigné dans une grosse sélection East Coast qui donne le ton et une vraie identité au film.

L’écriture ensuite. Elle est très personelle, on sent le vécu dans cet été chaud où évolue Luke, jeune diplomé qui deale de la weed, galère avec les filles tout en prenant conscience de sa vie déjà ratée. La narration de cette tranche de vie d’un ado un peu paumé est touchante, authentique, et on s’y retrouve forcément un peu: Les mixtape K7 dans le walkman, les joints, les premiers amours, les parents sur le dos: nostalgie.

Enfin, la crise existentielle liant les personnages et le message qui en découle sont amenés avec subtilité: statut social, sens de la vie sont abordés intelligemment, ce qui donne du corps à ce qui aurait pu être un teenager movie.

Efficace, frais et sans prétention, The Wackness vit donc grâce à la sensibilité et à la personnalité de son jeune réalisateur Jonathan Levine, qui s’avère aussi être l’auteur de ce scénario très humain. 

A voir.

PS: Pour la version DVD qui sort en mai, The Wackness a été rebaptisé “La Loose“. Il faut leur jeter des pierres aux mecs du marketing ou ca se passe comment?

Jan
05
2009
8

Slumdog Millionaire (India is the future)

Du M.I.A. dans la BO, dès le début, ca marque forcément des points dans mon jugement.

Une Inde “in your face” mais authentique, une narration vraiment bien foutue, de belles images, des personnages attachants, et bien sûr la trame principale dont l’originalité justifie les 2h à elle seule. Je ne sais pas quoi redire sur Slumdog Millionnaire..c’est un bon film.

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Après un assez mauvais Sunshine que je déconseille vivement, Danny Boyle a donc frappé fort.
De tout ce que j’ai vu récemment (Burn after reading, Vicky Cristina Barcelona, Two lovers) c’est bien Slumdog Millionaire qui sort du lot et mérite donc un post, pour commencer cette année sous le signe de la justesse.

Rien à voir, mais comme j’ai passé presque deux mois en Inde l’année dernière, je me permet de te recommander chaudement un petit périple dans ce pays. Pour te manger une claque, une vraie.

Un petit apercu de mon expérience ICI, rédigé sur place, sur le vif, dans des cybercafés locaux undercover..

C’était il y a un an, et j’écrivais “India is the future”. Je le pense plus que jamais. Dans quelques années, ce sera le pays le plus peuplé au monde, et ce d’une manière irréversible. Le climat politique et social indien renforce l’effacement démographique d’une Chine culturellement en retrait. l’Inde s’inscrit plus largement dans une impalpable mouvance de “développement positif” bien plus signifiante que la surmédiatisée prospérité économique chinoise.

Un fait idiot: En Inde, il n’y a pas de filtre internet, et 7% de la population est déjà équipé.  7%, ca fait bêtement 50 millions d’indiens ayant accès à l’information gratuite, sachant que ce chiffre va exploser.

Et comme “Knowledge is Power”, c’est bien l’Inde qui surprendra, marquera et ponctuera le 21ème siècle.

Simple perception. On en reparle dans 50 ans.

En attendant, je te souhaite une bonne année 2009, une année de slumdog millionaire: riche en culture, en roupies et surtout en fabuleuses histoires à raconter.

Dec
04
2008
0

What is a RocknRolla

People ask the question… what’s a RocknRolla? And I tell ‘em – it’s not about drugs, drums, and hospital drips, oh no. There’s more there than that, my friend. We all like a bit of the good life – some the money, some the drugs, other the sex game, the glamour, or the fame. But a RocknRolla, oh, he’s different. Why?

Because a real RocknRolla wants the fucking lot. 

Arnaques, crimes et botanique, Snatch.. Quel talent ce Guy Ritchie, vraiment très fin, j’achète à chaque fois. 

Ses histoires de voyous improbables. 

Son humour sans prétention, mais toujours bien senti.

Sa réalisation musclée, puissante, mais en même temps si propre.

Son écriture. Sa capacité à faire danser légèreté et subtilité, sans jamais tomber dans la vulgarité. (Le monologue de Johnny Quid au piano est assez fat, tu m’en diras des nouvelles..)

On ne sort certes pas grandi de RocknRolla, mais on passe clairement un bon moment, le tout sans faute de goût.

Et on en demandait pas plus.

Va.

Sep
23
2008
2

NTM à Bercy, bilan mitigé

Je fais partie de ces gens qui étaient devant leur ordinateur à 9h57 le samedi 15 mars sur fnac.com à appuyer frénétiquement sur F5 afin d’être sûr de locker leur place.

Les tickets sur l’étagère depuis tout ce temps, à laisser travailler son imagination.

La crème du hip hop français qui remet ça, Bercy, le gros son, les fans en furie…

De longs mois d’attente.

Puis arrive le grand soir.

Verdict?

Bilan mitigé.

On va commencer par le positif.

Sefyu en première partie, ça ne fait de mal à personne.

Enfin si, à pas mal de bouffons qui crient “dégage” ou “casse toi”, de très loin bien sûr… ok, je passe.

Puis débarquent nos deux compères.

Furieux, égaux à eux même, ils n’ont pas bougé.

Une scénographie impressionnante. Vraiment super bien faite.

Notamment les ghetto blasters sur les morceaux old school, ou la jouissive intro de “Paris sous les bombes”:

Des instrus de certains morceaux reprises par l’orchestre , très très bon aussi!


Maintenant je ne peux pas m’empêcher, il faut que je bave un peu.

Et il y a de quoi.

J’attendais tellement de ce concert.

Pourquoi laisser le micro seulement sur un titre à des piliers du rap comme Zoxea ou Busta Flex?

Pourquoi le laisser si longuement à Natty?

Pourquoi Carnaval?

Pourquoi une sonorisation si mal réglée?

Je ne comprend vraiment pas.

Qu’on soit clair, c’était bon, on a beaucoup transpiré, bien crié aussi.

Mais ca aurait du être tellement plus fou.

On s’attendait au Zenith de 98, mais en version reloaded avec 15000 personnes…la guerre en quelque sorte.

Cette guerre n’a pas vraiment eu lieu.

La faute à qui?

Certainement pas à Joey “full on coke” Starr, ni à Kool Shen.

Ils étaient plus que présents.

Les vrais fautifs, c’était le public.

Ce mauvais mélange de ploucs et de blondinets accompagnés de leurs copines pots de fleurs/Blackberry.

Ceux qui à la sortie du concert ont du lancer des “c’était géniaaaaaaaaal, diiiiiiingue, trop ouffff quoooooi.”

Pas de délit de faciès ici, car on fait très vite la différence entre un gros kiffeur de hip hop, la trentaine, même bobo-isé à mort,  et des gens qui de toute évidence hésitaient entre Madonna et le Suprême pour pimenter leur fin de semaine.

Je ne serai pas remonté contre eux si leur présence manque de présence n’avait pas influé sur la prestation des artistes.

A tel point qu’au milieu de “la fièvre”, Kool Shen s’arrête.

Et oui, quand il donne le micro au public, il n’entend rien. 

Et pour cause, autour de moi on doit être cinq à connaitre les textes.

Ils ne termineront pas “la fièvre”. 

C’est dur.

Dur pour eux, dur pour les fans.

Autant je ne voulais pas une fosse exclusivement Ghetto 93 où tout se termine en émeute, autant faut pas déconner, si tu n’es pas à bloc sur le groupe, si la fièvre ne t’évoque rien, fallait pas te sentir obligé de venir.

Les vrais amoureux du rap français n’étaient pas en majorité samedi soir.

Le comble, c’est que la banlieue était presque absente.

En somme, une foule plus Bob Sinclar que Supreme NTM, c’est vraiment dommage.

La place à 45euros minimum doit expliquer ce regrettable filtrage.

Joey l’a bien remarqué, il demande aux “têtes d’ardoises” sur leurs strapontins dans les gradins de bien vouloir se lever. (énorme!)

Ensuite ca devient “tête de bite, si tu chantes pas, la sortie c’est par la bas” (délectable!)

La conclusion, c’est que je ne regrette bien sûr pas d’être venu, il fallait être présent.

Mais ce petit goût amer, cette sensation que ce qui aurait du être la grande messe du underground s’est un peu trop apparentée à une kermesse.

C’est dommage, car j’aurais bien aimé que les patrons tirent leur révérence plus dignement, sans folklore.

Eh oui, sans les confettis à la fin.

La rançon du succès j’imagine.

Merci quand même NTM, merci pour tout.

Written by LA PRAVDA in: Surveillance artistique | Tags: , , , , , ,
Sep
04
2008
2

Tropa de Elite matraqué

Tropa de Elite, dont je parlais dans ce post, est enfin sorti en France hier.

Comme prévu, c’est un bon film.

Je ne suis pas objectif, dés qu’on me parle du Brésil, de Rio, je gobe n’importe quelle pilule.

Un petit “Beleza” suivi d’un “isso” ou tudo bom irmao” et c’est empaqueté vendu.

Bref, j’en parlais à l’époque comme le prochain Cité de Dieu.

Je me suis bien planté, le film n’aura pas de succès commercial en France.

Il est diffusé dans 4 salles à Paris. Bouh.

je suis allé le voir à l’UGC des Halles: micro salle même pas pleine.

Pourquoi la sortie est elle si confidentielle?

Le film est quand même ours d’or à la Berlinale, et j’étais à Rio quelques mois aprés la première projection, les locaux en redemandait, le divx pirate tournait dans tous les sens.

Que s’est t’il donc passé?

Les critiques francais l’ ont pas mal cassé, le décrivant comme un clip de propagande du BOPE (groupe d’intervention d’élite de la police militaire de Rio).

Extrait de Libération:

“A ce niveau de connerie en barre, il n’y a manifestement plus de pilote dans l’avion, et Troupe d’élite se termine ainsi, en hachis parmentier mental pour tous les nostalgiques des dictatures sud-américaines.”

Extrait de Chronic’Art:

”Fasciste, Tropa de elite ? C’est encore plus bête que ça : une mise en scène bourrino-fun, clipeuse et viandarde à souhaits soutient un propos en effet méchamment déglingos…”

Sur la forme, je comprend ces propos. On aime ou pas.  Pas de soucis.

Mais pour ce qui est de l’apologie du fascisme et de la nostalgie de dictatures.. il faudra m’expliquer à quel moment du film ce message est délivré.

C’est ultra violent, ce n’est pas toujours fin, mais cette perception des favelas et de la corruption à travers l’oeil d’un flic intégre est finalement assez juste et complète.

Les brésiliens eux ne s’y sont d’ailleurs pas trompé. Controversé mais adulé à Rio.

Bon à savoir, ce film est tiré d’un livre coécrit par un anthopologue, et c’est un capitaine du BOPE qui s’est occupé du scénario.

Je persiste, va le voir.

Pas comme un documentaire intelligent et porteur de message ou une analyse sociologique nuancée.

Va le voir comme un film, un film témoin et dur, relatant un point de vue qui n’avait pas encore été exprimé au cinéma.

Et tu ne seras pas déçu.

Aug
29
2008
2

Désolé petit robot

Désolé petit robot, mais je n’ai pas partagé l’engouement des autres spectateurs.

Je m’explique, ne boude pas, ce n’est pas ta faute, tu es vraiment mignon.

Toy Story, Nemo, The Incredibles, Ratatouille.

Le problème avec Pixar, c’est que j’ai l’impression qu’ils s’imaginent qu’ils vont nous pondre perpétuellement la même recette (personnages attachants, animation incroyable, atmosphère surréaliste) et qu’on va à chaque fois manger ça tout cru.

Sauf que cette fois ci, j’ai failli m’endormir trois fois.

- Mais tu ne trouves pas WALL-E trop attachant?

Si. Quoique cet aspect s’essouffle vite.

-Tu ne vas pas me dire que la qualité de l’animation n’est pas hallucinante?

Si, clairement.

-Et l’ambiance alors, c’est trop surréaliste nan?

Oui, d’accord.

-C’est quoi ton problème alors??

Mon problème, c’est qu’on ne peux pas me vendre 6 fois la même pièce juste en changeant le décor.

Sans parler du scénario et des dialogues qui à eux deux tiennent en 15 lignes.

-Mais t’as rien compris, c’est une nouvelle forme de cinéma muet.

Je t’en prie…

Sans évidemment aborder non plus la facilité du thème de l’écologie. (C’est presque comme si on se félicitait d’un spot TV Hummer dénonçant la pollution). SOS Racolage?…

Bref, du coup, le combo miracle habituel en prend du plomb dans l’aile et la mayonnaise peine à monter.

Dans une semaine, j’aurai complètement oublié ce film qui n’a rien de marquant, si ce n’est son coté mièvre et finalement bien mou.

Un “bienvenue chez les ch’tis “de l’animation en quelque sorte.

“WALL-E”

“EVE”

“WALL-E”!!  “EVE”?  “WALL-E” !!!  “EVE” !   “WALL-E” ? “EVE”?

Stop.

Cependant, énorme bon point pour la visionnaire projection de la société américaine à travers la Holding B n’ L (pour Buy and Large), notamment à bord de l’AXIOM.

Instants magiques qui rachètent ce film j’imagine.

Le prochain Pixar arrive en juin 2009 et se nomme “Up”.

L’histoire d’un vieil homme combattant bêtes et vauriens autour du monde.

Pas de jugement hâtif.

C’est Bob Peterson (Nemo) qui s’est occupé du scénario cette fois.

Après, c’est Toy Story 3 qui nous attend en 2010.

Je ne sais pas pourquoi, mais je sens comme un essoufflement de l’écurie Pixar.

Ou alors c’est carrément l’animation elle même qui a vécu?

De son coté, DreamWorks revient avec un Shrek 4 en 2010 aussi…

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