Rocca, Tres Coronas y La Vida Loca
Dès les premières minutes de La Vida Loca, on a la bonne surprise de reconnaître la voix de Rocca. Quelle heureuse idée a eu Christian Poveda de collaborer avec cet artiste pour la BO de son documentaire. Le résultat sonne vrai et juste.

Petit rappel: Il y a presque dix ans Rocca (La Cliqua) a eu l’intelligence de quitter la France pour New York où il a monté le projet Tres Coronas avec PNO, un autre colombien. Pensé dans le Queens, avec des rimes en espagnol pour un public latino. Un seul album sorti en 2005, Nuestra Cosa, qui m’avait beaucoup plu.
Le groupe marche très bien en Amérique latine. La force de la culture latino, c’est un produit exportable des quartiers porto-ricains de Brooklyn jusqu’au fin fond des Andes en passant par Mexico. On trouve des copies de Tres Coronas jusqu’aux étals des marchés de La Paz en Bolivie. Leur deuxième album “La musica es mi arma” devrait d’ailleurs bientôt arriver, update sur leur Myspace..
Pour habiller La Vida Loca, Rocca a utilisé “Mi tumbao”, une chanson issue de Nuestra Cosa (basée sur un sample salsa de Willie Colon à écouter ici). Très réussi, le morceau revient plusieurs fois dans le documentaire:
Mais il a aussi conçu des titres spécialement pour la bande originale, dont celui-ci, avec la participation de Yuri Buenaventura. (La vidéo est un montage de stills issus du documentaire)
Je te recommande par ailleurs les très belles photos prises par Poveda durant le tournage, accompagnées du titre “Bang Bang” toujours par Rocca, à voir en full screen ici.
Pour en revenir rapidement au documentaire lui-même, l’immersion de Poveda dans la vie courante de la Mara 18 est assez impressionnante et impose le respect. Les scènes de vie sont poignantes: anniversaire, départ pour la prison, drogue, le tout rythmé par les enterrements à répétition en plan rapproché.. Une réalité crue qui compense son défaut, le manque d’information: l’apport en connaissance n’est pas le point fort de La Vida Loca.
Même si les scènes chez le juge, le suivi de l’ONG locale ou plus simplement les larmes d’une gamine de 18 ans tatouée au visage donnant le sein à son fils en disent long sur la situation et la détresse de ces gangs au Salvador, on en apprend finalement peu sur le fonctionnement et l’organisation des Maras.
La Vida Loca reste un documentaire à voir pour l’émotion qui s’en dégage, comme un témoignage donc, en se rappelant que Christian Poveda y a laissé sa vie.


