Ceci n’est pas un procès des toys.
Cette enchère Ebay a été remportée pour 1200€ (véridique) par une jeune femme d’une vingtaine d’année.
J’aimerai savoir si elle l’a mis dans sa chambre ou dans le salon.

Ici, on appelle ça un Bearbrick 1000% Chanel x Medicom, édition limitée à 2000 exemplaires. Un nom de code pour “gros bout de plastique moulé”.
On nous fait avaler n’importe quoi? Non, chacun ses passions, pas de problème la dessus.
Ce qui me gêne, c’est que l’heureuse acheteuse ait du bruler toutes ses économies pour s’offrir ce Playmobil géant.
C’est triste, car il ne lui évoquera jamais sa tendre enfance, et dans 20 ans, quand la mode sera passée, le petit ourson reprendra sa valeur originale, celle d’un moule de 1,5 kg de plastique. Encore une autre proie séquestrée par la hypebeast, exécutée à la guillotine.
Medicom (la firme japonaise qui produit les Bearbrick) est pourtant une marque finalement assez saine, revendiquant des jouets destinés à la collection, pour adultes.
Alors quel est le secret, comment expliquer ce cynisme de l’échelle des valeurs?
Pas de recette magique. L’objet passe simplement par le prisme vertueux de la hype. Du travail de pro, orchestré par des trend-setters qui opèrent au laser, le tout alimenté en flux tendu par les victimes elles mêmes, qui se repaissent inlassablement de leur propre sang.
Mais tout ceci n’est qu’un jeu, ne l’oublions pas.